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Les dommages collatéraux de la COP22 sur l’eau

Date de publication: 
Dimanche, 27 Novembre, 2016
Par: 
Thierry Uso

Tous les experts s’accordent à penser que le changement climatique va aggraver la crise de l’eau partout dans le monde, crise de l’eau qui frappe déjà de plein fouet le Maghreb et le Moyen-Orient. Le Maroc a donc fait en sorte que l’eau soit une des questions au centre des discussions de la COP22 à Marrakech. De ce point de vue, nous n’avons pas été déçus. Pendant toute la durée de la conférence, les ateliers et side-events consacrés à l’eau dans toutes ses dimensions et relations avec le climat, se sont succédés à un rythme soutenu, ponctués par les habituelles déclarations et promesses d’actions.

Ce qu’il ressort de ce brainstorming entre ceux qui s’auto-désignent comme les acteurs compétents dans le domaine de l’eau, à savoir en premier lieu les entreprises privées, mais aussi les Etats, les collectives territoriales et quelques grandes ONG qui les soutiennent, est la volonté de recourir quasi-exclusivement à ce désastre environnemental et social appelé « économie bleue et verte ».

« La déclaration de Marrakech par les alliances mondiales pour l’eau et le climat » est un bon exemple du discours axé uniquement sur la promotion de l’économie bleue et verte. Ont signées cette déclaration :

Caimanes. Rompre l’inacceptable, un chemin encore difficile à se frayer au Chili

Date de publication: 
Lundi, 25 Juillet, 2016
Par: 
Elif Karakartal

Le cas de ce petit village chilien, en amont duquel l'entreprise minière Los Pelambres, propriété des Luksic, la plus grosse formtune du pays, a édifié le plus grand réservoir de déchets miniers d'amérique Latine, scellant les sources d'eau sous des millions de tonnes de déchets miniers, continue de symboliser un combat contre l'injustice.

http://www.france-libertes.org/Caimanes-Rompre-l-inacceptable.html

Surexploitation de l’eau dans le sud-ouest vosgien par Nestlé Waters et la fromagerie Ermitage

Date de publication: 
Dimanche, 31 Juillet, 2016
Par: 
Collectif eau 88

Une catastrophe écologique annoncée, des conflits d’intérêts patents impliquant Nestlé

Les deux entreprises agro-alimentaires, qui consomment 50% de la ressource en eau, sont à l’origine d’un déficit chronique de la nappe d’eau dite des « grès vosgiens » de l’ordre de 1,3 million de m3 par an depuis au moins 30 ans.

Les trois associations environnementales siégeant à la Commission Locale de l’Eau dénoncent les solutions préconisées par cette commission : économies d’eau par les ménages, aucune pour les industriels et transfert massif d’eau sur une distance de 30 à 50 km (le groupe Suez est chargé de cette étude). Aucune mesure d’impact environnemental n’a été réalisée, dans cette période de réchauffement climatique, alors que le Conseil département des Vosges a provisionné en mars 2016 le financement pour une première tranche de travaux.

Nestlé Waters a façonné à Vittel son image verte internationale mais se comporte ici aussi en entreprise extractiviste : stratégie de greenwashing d’une part, et mainmise sur la politique de l’eau du département des Vosges d’autre part. En effet, sa filiale Agrivair, accapare les terres agricoles et y installe des agriculteurs « bio » pour protéger ses zones de captage. Les conflits d’intérêts sont nombreux : la conseillère départementale qui préside la Commission Locale de l’Eau est adjointe au maire de Vittel mais surtout l’épouse d’un directeur environnement chez Nestlé Waters International qui préside aussi la Vigie de l’Eau. Cette association, fondée à son initiative et installée par Nestlé, est chargée de façon dérogatoire par le conseil départemental et la préfecture de porter le schéma d’aménagement de gestion de l’eau du sud-ouest vosgien. La Vigie de l’Eau compte dans son conseil d’administration 6 membres sur 11 qui travaillent ou ont travaillé chez Nestlé.

Festival No mines’land 2016 –Des rencontres en or à Lussat

Date de publication: 
Vendredi, 22 Juillet, 2016
Par: 
Collectis STOP MINES FRANCE


alternatives-projetsminiers.org/festival-no-minesland-2016-debats-conferences-et-convivialite-dans-la-creuse

Les 22-23 juillet 2016

Alors que nous apprenons hier que COMINOR souhaite prolonger son permis de recherches d’or, d’argent, de tungstène, d’antimoine.. (Permis Exclusif de Recherches de Villeranges), pour la troisième édition du festival Stop Mines, la mobilisation bat son plein à Bord-Saint-Georges . Elle s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale contre la méga-industrie minière. Comme l’année dernière elle réunit les différents collectifs anti-mines de France.
Notre mouvement prend de l’ampleur, les collectifs locaux se multiplient et se renforcent sur la plupart des territoires concernés par les permis de recherches de métaux.

Nous sommes en lien sans cesse renforcés et déterminés à user de tous les moyens pour stopper les projets contestés. Personne n’est dupe des promesses jamais tenues et des discours rassurants des industriels, des parodies de la démocratie et de la mystification de l’expertise scientifique.

Nous sommes solidaires de toutes les luttes contre les projets miniers destructeurs partout sur terre. Nous nous situons dans une démarche de convergence avec les combats contre l’extractivisme et toute autre forme de destruction des territoires.

Nous invitons les creusois à interpeller leurs élus sur les dangers sanitaires et environnementaux de l’ouverture d’une mine, située en bord de rivière, au dessus de la nappe phréatique et en bordure d’un réserve naturelle nationale classée NATURA 2000.

Sans exploration, pas d’exploitation !

Non à l’extractivisme, ni ici, ni ailleurs !

ALDEAH, Douar Didoull, DéterresMinées35, StopMines87, Conflens Salau Demain, Comité Ecologique Ariégeois, Maiouri Nature, Association de défense des Riverains de Saldigne, Attention Mines, StopMines23.

Déclaration finale de la 1ère conférence du Mouvement Ecologiste de Mésopotamie

Date de publication: 
Samedi, 7 Mai, 2016
Par: 
Thierry Uso

Traduction en français

Les 23 et 24 Avril 2016, a eu lieu dans la ville de Wan (Van, Kurdistan-Nord) la première conférence du Mouvement Ecologiste de Mésopotamie (MEM) avec la participation de 100 délégués des provinces turques Amed (Diyarbakir), Dilok (Gaziantep), Riha (Sanliurfa), Merdin, Wan, Elih (Batman), Siirt, Dersim et Bedlîs (Bitlis), avec des militants des mouvements et groupes suivants : magazine Gaya, Plate-forme anti-nucléaire, Résistance Verte, Journal Vert, Parti vert et de gauche, Mer Noire en Rébellion, Défense des forêts du Nord, Campagne pour le Droit à l’eau, municipalité de Dersim-Ovacik, ICOR (Allemagne), groupe Kurdistan-Est Vert Chiya. Y compris les représentants des partis politiques DTK, KJA, HDK et HDP, il y avait au total 170 personnes pour le premier grand rassemblement du MEM depuis sa création.

La conférence à Wan a été organisée dans une période d’intenses luttes politiques du peuple kurde pour la liberté et l’autogestion qui peuvent changer significativement le futur de la région, mais qui se traduit actuellement par beaucoup de victimes.

Basée sur la trinité ville-classe-état et la méthode domination-accumulation du capital, la modernité capitaliste crée une vie épuisante et improductive pour la société comme elle soumet la nature à toutes sortes de destruction. Au nom du système hégémonique existant, l'État-nation et ses gouvernements affaiblissent la solidarité au sein de la société et imposent le chômage, la pauvreté, la nourriture malsaine via l’agro-industrie et les OGM, la dévastation socio-culturelle des populations. Des projets destructeurs gigantesques comme le GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), le barrage d'Ilisu, les barrages dans la vallée de Munzur, la centrale solaire Greenway, les mines de Cerattepe et le canal d’Istanbul sont développés et réalisés dans le but d’utiliser les forêts pour la construction, de marchandiser l’eau et la terre, de contrôler la nature et la population et de promouvoir la consommation de combustibles fossiles, ce qui n’est rien d’autre que l'abandon et l'aliénation des gens à leur sort.

À l'heure actuelle, le régime au pouvoir en Turquie est d’une brutalité sans commune mesure dans l'histoire récente du Kurdistan et du Moyen-Orient. Des centaines de milliers de personnes de Sur, Nusaybin, Hezex, Kerboran, Farqin, Guever, Silopi et Cizre sont déplacés de force hors de leurs villes qui sont en cours de destruction. Pendant ce temps, l’opinion publique mondiale garde le silence sur la destruction de la nature et des villes, et sur tous les massacres.

GAZ DE SCHISTE : Après le rassemblement de Barjac du 28 février 2016

 
MERCI A TOUTES ET TOUS PLUS DE 15.000 PERSONNES, PLUS DE 350 ELU(E)S
une demande de rendez-vous au Ministère de l’Environnement, sera envoyé, dans les jours qui viennent, à Ségolène Royal.

A cette occasion nous lui remettrons la pétition papier signée par 5.000 personnes et la pétition numérique qui a
recueillie plus de 9.000 signatures.
Lire la suite »

Barrage de Kandadji au Niger, un nouveau désastre environnemental, social et politique ?

Date de publication: 
Jeudi, 4 Février, 2016
Par: 
Thierry Uso

La société Tractebel-Coyne & Bellier (Groupe Suez, France), qui possèderait une équipe dédiée aux études d'impacts sociaux et environnementaux (EIES), vient de remporter le marché de la réinstallation de 20000 à 33000 personnes à déplacer de l'amont vers l'aval, en raison de la construction du barrage hydro-électrique de Kandadji au Niger sur le fleuve en amont de Niamey, près de la frontière malienne. Ce barrage va inonder les terroirs des futurs déplacés. Les autres bureaux d'études candidats qui, semble-t-il, posaient des conditions plus drastiques à tout déplacement ont été écartées, entre autres parce qu'il n'y a pas d'espace de relocalisation disponible à l'aval dans cette région densément peuplée.

La construction de ce barrage financé par un consortium de banques - la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Islamique de Développement (BID), le Fonds Saoudien de Développement (FSD), le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA), le Fonds de l'OPEC (OFID), la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), La Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et les Fonds de Abu-Dhabi, rejoints en 2012 par la Banque Mondiale (garante de l'application des directives de la Commission Mondiale des Barrages) - avait été commencée il y a quelques années par une entreprise russe, ZVS, dont le contrat a été dénoncé pour malfaçons et corruption.

Dans un article intitulé "Le barrage de Kandadji, un projet de la Banque mondiale, laisse les communautés nigériennes à sec", International Rivers montre les conséquences dramatiques que le barrage risque d'avoir pour les populations locales. Le gouvernement nigérien s'est empressé de démentir International Rivers par l'intermédiare du Haut Commissariat à l'Aménagement du Niger (voir fichier attaché). Alors que les élections présidentielles au Niger vont certainement reconduire le Président Issoufou au pouvoir, celui-ci promet l'aboutissement de ce projet qui se trouve dans une région dominée par son opposition politique.

Le barrage de Kandadji semble faire bouillir le chaudron sahélien dont on connaît pourtant les tenants et aboutissants depuis plusieurs années. Y a-t-il un lien avec le regain d'incidents, d'attaques et de tensions dans l'aire d'une des plus vieilles civilisations ouest-africaines, aux systèmes de culture perfectionnés, affectée par ce grand barrage ? FL Macina, MUJAO, Ansar Eddine, AQMI, Boko Haram et associés ne viennent-ils pas de recevoir un formidable soutien "involontaire" de la Banque Mondiale et du Niger ? Combien de divisions en réserve pour Barkhane ? Même si, à Boromo, on a croisé 50 véhicules militaires OPEX français fraîchement débarqués à Abidjan et remontant vers le Sahel, ça ne pèse pas lourd dans ces immensités.

Commentaires sur le projet d’un standard pour des obligations eau-climat

Date de publication: 
Mercredi, 27 Janvier, 2016
Par: 
Thierry Uso

Les promoteurs du projet d’un standard pour des obligations eau-climat ont lancé une consultation auprès des émetteurs, souscripteurs et acheteurs potentiels de ces obligations. Ce projet est passé totalement inaperçu en Europe. Il apparaît dans un contexte d’endettement des Etats et des collectivités locales et territoriales qui réduit leur capacité à financer des projets liés à l’eau1. Les commentaires ci-dessous ne visent pas à « améliorer » le standard dans le cadre de la consultation mais à expliquer pourquoi celui-ci doit être rejeté.

Objectif déclaré et objectif réel du standard pour des obligations eau-climat

L’objectif déclaré est de développer le « marché d’obligations vertes qui encourage les investissements pour une économie bas-carbone et résiliente au climat » en fournissant aux investisseurs des « critères vérifiables et scientifiques pour évaluer des obligations liées à l’eau »2.

Le caractère « bas-carbone et résilient au climat » des obligations eau-climat importe peu aux investisseurs. Ceux-ci sont avant tout intéressés par des obligations dont les émetteurs sont fiables et qui leur rapportent le plus d’argent dans une période de temps la plus courte possible, grâce à un marché « liquide », c’est à dire permettant la spéculation. L’objectif réel du standard pour des obligations eau-climat est de développer un tel marché. Les obligations eau-climat respectant le standard doivent fournir aux investisseurs « une opportunité d’investissement comparable à celle des obligations non vertes », « la fiabilité des cash flows prévus », et être « suffisamment rémunératrices et liquides »3.

Qui sont les promoteurs du standard pour des obligations eau-climat ?

Le consortium du standard pour des obligations eau-climat est constitué de think tanks majoritairement US agissant dans le domaine de l’économie et de la finance verte (WRI, CERES, CDP, Climate Bonds Initiative) et dans le domaine de la gestion de la ressource en eau (AGWA). Les fonds d’investissement, les banques et les entreprises privées sont sur-représentées dans ces think tanks. On y trouve aussi des représentants d’institutions internationales comme l’OMC, l’OCDE, la Banque Mondiale.

Les think tanks du consortium ont une vocation internationale et pour cette raison il y a aussi des européens dans leurs comités de pilotage, leurs conseils d’administration ou leurs staffs : par exemple, des représentants de l’institut suédois SIWI (organisateur de la World Water Week à Stockolm), de la société de conseil d'origine hollandaise Arcadis (une des pires dans le domaine de la financiarisation de la nature). Le français Pascal Canfin, ex-député européen et ex-secrétaire d’Etat au développement, est Senior Advisor on International Climate Affairs pour WRI. Lorsqu’il était secrétaire d’Etat, Pascal Canfin s’était fait connaître des mouvements français pour l’eau en déclarant soutenir de manière inconditionnelle les entreprises françaises de l’eau dans leur conquête de marchés dans les pays en voie de développement. Après avoir démissionné de son poste de secrétaire d’Etat, il a présidé en 2014 le comité scientifique de l’indice Euronext Low Carbone 1004.

  • 1. L’endettement des Etats et des collectivités locales et territoriales a conduit les USA à réformer le financement de ses infrastructures hydrauliques par des obligations publiques dans un sens très favorable au secteur privé. Voir la série d’articles de Truthout: guerres de l'eau et privatisation rampante, les grands acteurs de la privatisation de l'eau
  • 2. « green bonds market that encourages investments for a low carbon and climate resilient economy » [...] « verifiable, science-based criteria for evaluating water-related bonds » (p. 3)
  • 3. « a comparable investment opportunity relative to non-green-labeled bonds », « reliability of expected cash flows », « sizable and liquid » bonds (p. 8)
  • 4. Parmi les 100 entreprises européennes « bas-carbone » de l’indice Euronext low carbon 100, on trouve une forte proportion d’entreprises financières et bancaires dont la BNP (championne française des paradis fiscaux et du financement des énergies fossiles), des constructeurs automobiles (Peugeot, Renault), des entreprises de BTP (Bouygues), des entreprises chimiques (Bayer) et un opérateur privé de l’eau (Severn Trent). La BNP propose par ailleurs un fonds indiciel côté basé sur cet indice Euronext

Financiarisation de la nature