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Résistances

Zones à défendre: Les Zadistes et Conga, expériences de luttes similaires dans des contextes différents.

Date de publication: 
Vendredi, 5 Avril, 2013
Par: 
RaquelN

Zones à défendre: Les Zadistes et Conga, expériences de luttes similaires dans des contextes différents.

Bocages et zones agricoles de Notre Dame des Landes (NDDL)

Depuis plusieurs mois, de nombreux irréductibles occupent chaque semaine à tour de rôles l'un des campements d'une zone de 2000ha pour le protéger. Ils ont construit des barricades pour empêcher l’entrée des policiers qui les ont, plusieurs fois déjà, délogé violemment. Les agriculteurs de la zone et des fermes menacées, mais aussi tout un réseau de soutien, les aident à se nourrir. L’alimentation est sommaire, pour ne pas dire autre chose, et consiste essentiellement en carottes, patates, betteraves et nouilles décorées de chips faites de pelures de patates. Tout se mange, rien n’est jeté, et les jeunes entrent souvent dans la cuisine morts de faim. La lutte et la résistance à des températures négatives, ça ouvre l’appétit.

En Grèce, le village d'Iérissos s'oppose à la réouverture de mines d'or

La Grèce endettée possède de l'or dans ses sous-sols. Ce devrait être une bonne nouvelle, mais dans le village d'irréductibles Hellènes de Iérissos, à quelques kilomètres de la porte d'entrée du mont Athos, la relance des mines est vécue comme une catastrophe. "Non aux mines d'or", proclament des banderoles au centre du village de 3 000 habitants. Les heurts avec la police sont devenus fréquents dans la forêt de Skouriès de cette région de Chalcidique, à 100 kilomètres à l'est de Thessalonique, dans le nord du pays.

Pour Christos Pappas, Tolis Papageorgiou, Kostas Efthimiou, Maria Kadoglou, c'est le combat d'une vie. Cela fait des années qu'ils luttent contre les risques de pollution de leur belle Chalcidique et de ses montagnes recouvertes de forêts et de bruyères en fleurs qui tombent dans la mer. Ils se battent devant les tribunaux, dans les médias et sur le terrain. Ils se sont opposés aux exploitants miniers successifs mais trouvent aujourd'hui face à eux un acteur protéiforme, plus difficile à attaquer : la crise économique.

Hommage a Celendin

Date de publication: 
Lundi, 25 Février, 2013
Par: 
RaquelN

Hommage à CelendinConga et NDDLConga et NDDL

Entretien avec Milton Sanchez, Secrétaire  de la Plataforma Interinstitucional de Celendin*

Le peuple de Celendin lutte depuis plus d’un an contre le projet minier Conga.  Cette résistance pacifique lui a couté quatre vies. Malgré l’importance de l’opposition à ce projet, l’entreprise minière et le gouvernement utilisent tous les moyens possibles pour contrecarrer la résistance.

J’offre à Milton une bouteille de  bière de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), il en est fier et sourit de voir que les résistances contre des méga- projets se ressemblent. Il est très bien informé de la résistance contre la construction de l’aéroport à NDDL. 

Le gouvernement dit avoir suspendu le projet des mines Conga. Cependant, il oublie de mentionner que selon l’étude d’ impact environnemental de ce projet, la première eétape est constituée par la construction des réservoirs, ce qui de fait est en train de se faire.

J’ai pu le constater de mes propres yeux lors d’une visite aux lacs de Conga. Le gouvernement utilise plusieurs moyens de pression pour mener à mal la résistance: il entre avec force avec plusieurs projets sociaux – jusqu’ ici il n’ en était rien- comme l’allocation de plusieurs aides: familiales, pour les personnes âgées, pour les enfants en bas âge ou tout simplement avec la distribution de 200 soles (60 euros) à toute personne sous la mention “bonus énergétique”. Aussi, des cuisines a gaz sont distribuées, parfois acceptées, parfois refusées par la population.

On projette de construire 122 pistes routières à Celendin. Mais, en même temps, le gouvernement va militariser toutes les zones à conflit! Et a Celendin, Bambamarca et Cajamarca, on projette de construire des commissariats encore plus grands: est-ce le résultat de la collaboration policière France-Perou?

[BASTAMAG]Dirigeants d’entreprises et chefs de gouvernement bientôt jugés en cas de crimes contre l’environnement ?

Imaginez des ministres, des PDG d’entreprises ou de banques, poursuivis pénalement pour crimes contre l’environnement. C’est l’objet d’une initiative citoyenne européenne lancée fin janvier, qui doit recueillir un million de signatures pour pouvoir être étudiée par la Commission européenne. Si cette directive « Ecocide » aboutit, elle pourrait influencer fortement les décisions stratégiques des dirigeants politiques et économiques. Et impulser une véritable transition écologique.

Décembre 1999. Un navire pétrolier, l’Erika, sombre au large de la Bretagne entrainant une marée noire sur plus de 400 km de côtes françaises. Après des années de batailles juridiques, le groupe français Total est condamné à payer 200 millions d’euros de dommages et intérêts. Mais aucun des responsables de Total ne peut être poursuivi personnellement. Une situation qui pourrait évoluer prochainement. C’est ce que demande une initiative citoyenne européenne(ICE), intitulée « arrêtons l’écocide en Europe, donnons des droits à la Terre », lancée il y a quelques semaines, et qui propose un projet de nouvelle directive européenne.

Après Notre-Dame-des-Landes, le maintien de l'ordre public français s'exporte à Cajamarca

Date de publication: 
Dimanche, 2 Décembre, 2012
Par: 
Nato Guachi - ALDEAH

A défaut d'exceller dans la mise en œuvre d'une véritable transition énergétique, la France excelle dans un domaine bien particulier: le maintien de l'ordre public. Les résistants de Notre-Dame-des-Landes ont pu le vérifier à leur dépens, eux qui luttent contre un projet climaticide.
Les habitants du Pérou pourraient bientôt tester ce savoir-faire tricolore dont s’enorgueillissent ceux qui nous gouvernent...Le 5 novembre dernier, des militaires français spécialistes de l'ordre public se sont envolés de France en direction de ce pays andin.
Objet de ce voyage ? Former la police péruvienne aux techniques d'usage graduel de la force... Un beau programme qui prend encore plus de relief quand on sait que la destination précise de cette mission n'était autre que Cajamarca.

Cette province située sur les hauts plateaux andins du nord du Pérou est un lieu symbolique pour les défenseurs de l'environnement : depuis plusieurs années, la population locale lutte contre le projet d'une multinationale péruvienne-états-unienne qui envisage d'exploiter, à Conga, tout près de Cajamarca, une gigantesque mine d'or et de cuivre.

L'ouverture de ce méga projet minier aura des conséquences incalculables en menaçant gravement l’écosystème hydrique de la région ainsi que l’accès à l’eau potable de se habitants. Symbole de la politique extractiviste à l’œuvre dans cette partie du monde connue pour les richesses de son sous-sol, Conga est aujourd’hui l'un des conflits social-environnementaux majeurs en Amérique latine. Et aussi l'un des plus violents.

Graine de révolte au pays du gaz de schiste

Le 6 novembre, le résultat du vote des 80 000 habitants de Longmont (Colorado) a fait moins de bruit que la réélection de Barack Obama. Marquant le début d'une fronde citoyenne contre l'exploitation du gaz de schiste, il pourrait compliquer la stratégie énergétique d'un président qui compte sur les immenses réserves du pays en gaz pour réaliser l'une des promesses phares de sa campagne : l'indépendance énergétique des Etats-Unis en 2020.
Ce jour-là, en même temps que le choix du président, les électeurs de cette cité résidentielle nichée au pied des Rocheuses étaient aussi invités à se prononcer sur une proposition de texte interdisant la fracturation hydraulique (fracking) sur le territoire de la commune.

Eau et Extractivisme au FAME: du Nord au Sud, un modèle, des luttes

Le Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) ouvrira ses portes à Marseille du 14 au 17 mars. "Eau et extractivisme" est l'un des axes thématiques des ateliers et débats du forum : http://www.fame2012.org/files/eauext.pdf 

Mines, puits de pétrole et de gaz, plantations ou élevages industriels, barrages hydroélectriques géants…,- tous les jours, de nouveaux territoires sont transformés en zones de sacrifice destinées à fournir matières premières et énergie. L’exploitation à grande échelle de la nature et de ses « ressources » s’accélère de façon exponentielle dans les pays du « Sud », enfermés dans ce « rôle » depuis l’époque des colonies. Bouleversements sociaux et transformations culturelles inévitables, altérations souvent irréversibles des écosystèmes, pollutions aux effets dévastateurs pour la santé, - les impacts des industries extractives sont connus et dénoncés. Au Nord aussi, la prédation avance : la récente avalanche de projets d’exploitation d’hydrocarbures dans les pays occidentaux montre bien que, même si les contextes diffèrent, aucun territoire n’est définitivement épargné. Partout, au Sud, comme au Nord, éclatent des conflits entre populations victimes ou menacées, entreprises et pouvoirs publics. Dans de nombreux endroits de la planète, s’organisent des résistances, se structurent des mobilisations et naissent des mouvements populaires qui s’opposent aux « mégaprojets » d’exploitation de la nature.

« L’eau vaut plus que l’or », - proclament les graffitis sur les murs des villes et villages d’Argentine, du Pérou, de Colombie… et d’ailleurs, « Boire ou conduire, il faut choisir », - scandent les militants anti-gaz de schiste français. L’eau, qui « n’a pas de prix », est, presque toujours, au centre de ces combats. Continuellement, l’accès à l’eau, sa disponibilité ou sa qualité se voient directement menacés. Chaque industrie a son « livre noir». Les mines à ciel ouvert polluent les cours d’eau et les aquifères (produits toxiques et métaux lourds provenant de drainages acides), dégradent les zones de recharge hydrique, détériorent les glaciers et le permafrost. Dans des régions déjà victimes de stress hydrique, des millions de litres d’eau sont utilisés quotidiennement pour les activités minières au détriment des besoins des populations. L’extraction d’hydrocarbures de schiste requiert aussi d’énormes quantités d’eau. Chaque opération de fracturation hydraulique consiste à injecter dans le sous-sol entre 10 et 20 millions de litres d’eau, mélangée à du sable et des adjuvants chimiques, dont une partie seulement remonte à la surface et dont le retraitement pose de sérieuses questions. L’exploitation pétrolière a un lourd passif : pollutions de l’eau douce et de l’eau de mer, accidentelles (marées noires) ou systématiques (delta du Niger, Amazonie équatorienne ou péruvienne…) qui provoquent de véritables tragédies environnementales, sanitaires et humaines. Les grands barrages hydroélectriques sont à l’origine de la disparition des poissons de nombreux fleuves, ce qui équivaut à la destruction des économies locales basées sur la pêche. La liste est longue… 

Le terme « extractivisme » nous vient de l’Amérique hispanophone*.

Auprès de son arbre… Ricardo Carrere, à tout jamais.

Par: 
Anna BEDNIK

Ricardo CarrereRicardo CarrereRicardo Carrere fut emporté par un cancer le 16 août 2011, à Montevideo. Il avait  68 ans. Il a été – et il le restera pour toujours – une figure de référence de la critique écologiste du capitalisme, en Uruguay (son pays d’origine), en Amérique latine et dans le monde entier.  

Son engagement radical contre la dictature (1973-1985) lui a valu sept ans de prison et des années d’exil. Plus de trente ans plus tard, il luttait toujours contre l’oppression, désormais celle des entreprises de cellulose et des latifundia forestiers. Ingénieur forestier de formation, il a été (de 1996 à décembre 2010) coordinateur international du Mouvement Mondial pour les Forêts tropicales (WRM, www.wrm.org.uy), le plus important réseau international de militants pour la défense des forêts tropicales et des peuples qui y vivent. En 1997, il a cofondé le Grupo Guayabira (www.guayubira.org.uy), une association uruguayenne qui regroupe personnes et organisations soucieuses de la conservation des forêts natives et préoccupées par les impacts sociaux, économiques et environnementaux des monocultures industrielles d’arbres.  

Farouche détracteur de la « révolution verte », Ricardo n’a eu de cesse de dénoncer toutes les activités qui causent la destruction des forêts tropicales et dépossèdent les communautés natives de leurs droits: abatage commercial d’arbres, plantations forestières industrielles, grands barrages, industrie minière, élevages de crevettes, monocultures agricoles, mécanismes de certification, marché de carbone, etc. Il a laissé de nombreux travaux de référence sur ces sujets.

Comme beaucoup d’autres personnes, nous avons eu l’honneur de croiser son chemin. Comme pour beaucoup de ces personnes, même une brève rencontre avec lui nous a suffi pour nous sentir profondément affectés par la triste nouvelle de sa disparition. Nous avons voulu lui rendre ici un modeste hommage. Hommage à l’immense travail qu’il a laissé derrière lui, précieux héritage pour tous ceux qui sont convaincus que l’émancipation et la justice sociale ne peuvent être pensées sans tenir compte de la nature. Hommage, aussi, à sa lucidité passionnée, son amour pour la vie, son profond humanisme, son humilité et sa générosité, - traits de caractère exemplaires et contagieux d’un militant infatigable, à qui sa soif de justice et son engagement infaillible ont réservé une place singulière dans la mémoire des luttes socio-environnementales. 

Pour ce faire, nous publions quelques extraits de l’entretien que nous avions eu avec lui il y a à peine plus d’un an, à Montevideo, au cours duquel nous avons abordé plus spécifiquement le contexte uruguayen.

Anna Bednik et Jérémy Dotti : A en croire les indicateurs du « développement humain », l’Uruguay serait l’un des pays les plus « développés » d’Amérique latine1. Quelle est la place de l’environnement dans ce « développement » ?

  • 1. Troisième dans le classement du développement humain du PNUD 2010, derrière le Chili et l’Argentine

Italie/ Référendum du 13 juin : une victoire pour la démocratie participative

Le 13 Juin 2011, nous avons écrit une belle page d'histoire en Italie.

Dans un pays où la démocratie est continuellement piétinée, un pays où les médias conditionnent la politique depuis plus de 20 ans, dans un pays où le processus de privatisation des biens communs ne connaissait aucun frein; nous avons réussit à nous réapproprier de nos droits en disant non à la marchandisation de l'eau et aux politiques néo-libérales et en disant oui à une démocratie participative et à la défense des biens communs.

Ce référendum populaire est né de l'initiative des Comités citoyens pour l'eau publique de toute l'Italie, qui depuis 2006 sont coordonnés par le Forum Italien des Mouvements pour l'Eau Publique.

Déjà en 2007, ce réseau de comité avait recueilli plus de 400 000 signatures pour proposer une loi d'initiative populaire malheureusement jamais discutée au Parlement.

Fin 2009, le gouvernement Berlusconi approuvait le décret Ronchi qui obligeait les institutions locales à transformer toutes les sociétés qui géraient le Service de distribution de l'eau en S.P.A mixtes et à organiser des appels d'offre pour attribuer au moins 40% des actions de ces sociétés à des partenaires privées.

Lettre à Vermillon - Collectif citoyen Ile-de-France NON aux gaz et pétroles de schiste !

Date de publication: 
Mardi, 3 Mai, 2011
Par: 
Collectif citoyen Ile-de-France NON aux gaz et pétroles de schiste !

nid%3D683%7Ctitle%3D%7Cdesc%3D%7Clink%3DnodeVermilion REP SAS 
District Seine-et-Marne CD 215
77720 Saint-MérySiège social. No. 5 Route de Pontenx

40161 Parentis-en-Born Cedex

 

Paris, le 03 mai 2011
Collectif citoyen Ile-de-France NON aux gaz et pétroles de schiste !


Mesdames et Messieurs les dirigeants de Vermilion REP SAS,

Nous sommes de « simples » citoyens inquiets. Inquiets pour notre santé, pour notre eau, pour l’avenir de nos territoires. Inquiets aussi pour l’avenir de nos enfants. Depuis plusieurs mois, nous sommes nombreux à nous être réunis au sein des collectifs de vigilance citoyenne face aux projets d’exploitation des gaz et des pétroles de schiste (ou « hydrocarbures de roche-mère »). Avec d’autres, votre société est engagée dans ces projets.