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Ennemi de l’État : Carlos Zorrilla et la bataille pour Intag

Date de publication: 
Lundi, 27 Janvier, 2014
Par: 
Par Gerard Coffey, Linea de fuego, 6 janvier 2014, traduction pour www.aldeah.org

« Un étranger qui empêche le développement de notre pays », c’est ainsi que Carlos Zorrilla, membre fondateur de  la DECOIN (Défense et protection écologique d'Intag, association connue pour son opposition aux projets d’exploitation de cuivre dans la vallée d’Intag), a été désigné par le président de l’Equateur en personne. Le 28 septembre dernier, lors de son émission télévisée hebdomadaire « Enlace Ciudadano », Rafael Correa a présenté à la Nation des photos de militants d'Intag, dont celle de Carlos Zorrilla, en les accusant de mener des activités « déstabilisatrices » et de faire de l’ingérence dans la politique nationale. A l'occasion d'un autre discours télévisé, le 7 décembre, le président Correa a une nouvelle fois nommément accusé Carlos Zorrilla, né à Cuba, de défendre des intérêts étrangers et a appelé la population équatorienne à "réagir". Aux côtés de nombreuses autres associations et collectifs, vigilants et solidaires avec la lutte d’Intag, nous souhaitons exprimer notre plus vive préoccupation devant cette attitude non seulement xénophobe mais qui, venant d’un chef de l’Etat, met directement en danger la sécurité des militants écologistes de la région. Afin de faire connaître qui est réellement Carlos Zorrilla, nous publions ci-après la traduction de l’article paru à son sujet dans Linea de Fuego.  Le Collectif ALDEAH.

Né à Cuba, il a quitté l’île lorsqu’il avait 11 ans, prenant la route des États-Unis avec sa famille. La terre promise ne l’a pas convaincu. Comme beaucoup de personnes de sa génération, il n’a pas accepté la guerre que son pays d’adoption menait au Viêtnam, et les manœuvres politiques du président d’alors, Richard Nixon, ne lui convenaient pas non plus. Il s’en est allé. Il cherchait un endroit où vivre en paix. En 1978, dans la vallée d’Intag (Imbabura), il a trouvé une zone agricole attrayante, habitée par des communautés fortes et solidaires. Et il est resté là-bas. « J’adore l’agriculture », confesse Carlos Zorrilla.  Sa décision n’est pas difficile à comprendre. La zone d’Intag, située sur les contreforts occidentaux du volcan Cotocachi, est chaude, verte et franchement belle. Peuplée à la fin du XIXe siècle par des familles ayant migré depuis d’autres secteurs d’Imbabura, ce district subtropical, principalement agricole, est riche en eau, en biodiversité et en paysages spectaculaires.

Mais l’histoire de Zorrilla en Intag n’est pas celle d’un bonheur bucolique, d’une promenade dans les nuages. La paix et la vie collective ne se donnent pas facilement. Il y a du cuivre dans les collines et, à double deux reprise durant ces dernières décennies, des entreprises étrangères ont cherché à exploiter ce minerai. « La première fois nous avons appris la présence d’une entreprise minière dans la zone à la fin de l’année 1994, dit Carlos, c’était la japonaise Bishimetals, une filiale de la multinationale Mitsubishi. Au début, les gens ne savaient pas pourquoi elle était là ».  

L’année suivante, les activités de l’entreprise minière les ont amenés, lui et Giovanni Paz, un prêtre d’Imbabura, ainsi que d’autres, à créer l’association DECOIN (Défense et Conservation Ecologique d’Intag), pour protéger la biodiversité de la région et développer des projets soutenables. « Nous savions que ces projets étaient importants pour l’avenir », témoigne Silvia Quilumbango, l’actuelle Présidente de DECOIN.

Documents

Equateur : détention arbitraire de Javier Ramirez, un des dirigeants d'Intag

Information Communiqué
Date de publication: 
Jeudi, 10 Avril, 2014
Par: 
Cordinadora zonal del Intag

Javier Ramírez: Détenu arbitrairementJavier Ramírez: Détenu arbitrairementVoici la traduction en français d’un communiqué à propos du récent emprisonnement de Javier Ramírez, président de la communauté de Junín dans la vallée d'Intag en Equateur. Ce village se trouve à proximité du gisement de cuivre du mega projet minier de Llurimagua (anciennement projet Junín), actuellement aux mains de l'entreprise chilienne d'Etat Codelco.
Javier Ramírez est accusé de rébellion, sabotage et de terrorisme. L'ordre de détention vient du procureur de Cotacachi, le canton dont dépend la vallée d'Intag. Ce message est un appel aux organisations et mouvements sociaux à dénoncer cette manœuvre et la politique de criminalisation des luttes sociales que mène le gouvernement de Correa en adhérant à la lettre ci-dessous.

VOICI LA TRADUCTION DU TEXTE DE LA LETTRE POUR LAQUELLE ON RECHERCHE DES SIGNATURES (ADHÉSIONS) : 

Pour signer cet appel, envoyer votre soutien à : guadalupe@salvalaselva.org

Aux Président, Ministres et Assembléistes, Aux autorités judiciaires, Aux autorités du Cantón Cotacachi et de la zone d’Intag Organisations sociales, écologistes et de défense des droits de l’homme exigent la liberté immédiate et l’abandon des charges contre Javier Ramírez, président de la communauté de Junín.

Le 10 avril 2014, à 20h, Polivio Pérez et Javier Ramírez, dirigeants communautaires de la zone d’Intag-Cotacachi, province d’Imbabura, ont été arrêtés.

Intag Cordinadora zonalIntag Cordinadora zonalDepuis, Mr. Javier Ramírez, président de la communauté de Junín, est gardé en détention pour 30 à 90 jours de prison préventive au titre de “présomption de délit de rébellion contre l’administration publique ”. La plainte a été déposée par la Société nationale des mines de l'Equateur Enami. Le lendemain, le procureur de Cotacachi a ajouté deux accusations plus graves, celles de "terrorisme" et de  "sabotage" Selon les rapports de presse, les accusations se rapportent à une altercation survenue le 6 avril entre des membres de la communauté et des employés d'Enami, événement lors duquel Javier n'était pas présent, même à proximité. Son frère Hugo Ramirez doit également faire face à des accusations, mais n'a pas été arrêté. Nous craignons que d'autres membres de la communauté puissent se trouver sur cette liste injustifiée .

Mr. Ramírez est une personne pacifique, respectée et qui ne mènerait sous aucun prétexte des actes de « rébellion ». Bien au contraire, Mr. Ramírez est, tout comme ses voisins, internationalement reconnu comme un des défenseurs de ce que sa communauté a mis en place, un projet de production respectueuse de la forêt, de la biodiversité et de la nature qu’elle a réussi à consolider au cours des années et pour lequel nous éprouvons du respect et de l’admiration.

En tant qu’organisations engagées pour la défense des droits de l’homme et de la nature, nous sommes préoccupées par ces faits qui ont lieu en Equateur, pays qui a ratifié de multiples traités internationaux garantissant le respect des droits de l’homme, ainsi que de ceux qui défendent ces droits, pays dont la Constitution établit le droit à l’eau comme droit fondamental, garantit la souveraineté alimentaire, reconnaît le droit à la résistance face aux actions et omissions du pouvoir public ou des personnes physiques ou morales qui portent atteinte ou peuvent porter atteinte aux droits constitutionnels.