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En France comme dans le monde, la "bataille du schiste" ne fait donc que commencer

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Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Audrey Garric
Date de publication: 
Vendredi, 21 Décembre, 2012



Dans un article publié sur son site web vendredi 21 décembre, Le Monde revient longuement sur le dossier des gaz et pétrole de schiste en détaillant les réserves potentielles au niveau mondial. Explorant chaque continent, le journal passe en revue les principaux gisements et fait le point sur les différentes politiques suivies par les Etats concernés en matière d'exploration, d'exploitation et de législation.

Un article complet (le site Novethic.fr s'est d'ailleurs lui aussi livré cet exercice) qui coïncide avec une actualité brûlante en France sur le sujet et alors qu'un début de polémique au  sommet de l'Etat a débuté à l'occasion du voyage présidentiel en Algérie. En marge de celui-ci, Laurent Fabius qui accompagnait le Président de République, s'est laissé aller le 20 décembre à une confidence dont il ressort que la France et l’Algérie seraient sur le point de signer un accord pour l'exploitation du schiste algérien.





 

Dans un communiqué, ALDEAH et une trentaine de collectifs anti gaz de schiste à travers toute la France ont aussitôt réagi écrivant qu'« au moment où commence le débat sur la transition énergétique convoqué par François Hollande, l’annonce de Laurent Fabius révèle le cynisme de ce pouvoir qui n’a aucun scrupule à contredire par les actes ses discours plaidant en faveur des énergies renouvelables et de la préservation de l’environnement».

Quelques heures plus tard, la ministre de l'écologie Delphine Batho réagissait à cette sortie du ministre des affaires étrangères en démentant tout accord à venir.

Quelle que soit la suite de cette affaire, cette nouvelle cacophonie gouvernementale est révélatrice de l’embarras du parti socialiste sur ce dossier. Depuis l'élection de François Hollande le 6 mai 2012, la moindre évocation des gaz de schiste rend l'atmosphère immédiatement irrespirable au plus sommet de l'Etat. Entre, d'un côté, un Arnaud Montebourg totalement acquis aux lobbies pro schiste et souhaitant que la France redevienne un pays minier, un Jean-Marc Ayault qui assure en août que le dossier n'est pas refermé et, de l'autre, une Delphine Batho qui assure le contraire et tente de sauver le débat sur la transition énergétique, difficile d'y voir très clair. Quant aux deux ministres écologistes, ils préfèrent, eux, faire le gros dos en attendant que l'orage passe, sans dire un mot... 



Mais en la matière, le plus ambigü est sans doute le Président de la République lui-même. Perdu dans son éternel rôle d’équilibriste, François Hollande, histoire de ne fâcher personne, assurait lors de sa conférence de presse le 12 novembre que "la recherche est possible sur d'autres techniques que celle de la fracturation hydraulique. Pour l'instant, cette recherche n'a pas abouti, je ne peux pas l'interdire, elle n'est pas interdite pas la loi". 



Voilà qui a sans doute dû faire plaisir au Monde qui s'était illustré en juillet dernier en publiant une apologie au gaz de schiste à travers d un éditorial intitulé«  N'enterrons pas le débat sur le gaz de schiste  ». Le quotidien du soir y expliquait notamment que «  L'Europe n'échapperait pas à ce débat. Il n'est pas qu'économique ou stratégique. Il est philosophique, moral, politique. C'est celui des risques de l'innovation, celui d'une certaine confiance dans le progrès technologique, celui qui a accompagné la révolution industrielle.  ». C'est exactement ce que s'évertue aujourd’hui à faire passer comme message François Hollande et d'autres membres de sa majorité alors que l'enjeu est bel et bien ailleurs. 

C'est celui d'un changement de paradigme pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, lesquelles sont non seulement responsables des émissions de gaz à effet de serre, mais sont aussi une source, au moment de leur extraction, de catastrophes environnementales et sociales. 

Malheureusement, pas plus le gouvernement français que l’Union européenne ne semble vouloir tourner le dos à ce modèle de société. Il y a quelques jours, cette dernière a ouvert une consultation publique pour appeler "toutes les personnes, les organisations et les organismes publics intéressés"à donner leur avis sur l'exploitation de ces combustibles.'

La "bataille du schiste" ne fait donc que commencer et l'article du Monde ci-dessous a au moins un mérite : il montre que partout sur la planète, pétroliers, lobbies et politiques sont bien décidés à exploiter cette nouvelle manne financière. Laquelle permet, suprême avantage, d'aller toujours plus loin pour entretenir la rêve chimérique d'une société de consommation aux limites toujours repoussées.

Le Monde - 21 décembre 2012

Va-t-on vers un âge d'or du gaz de schiste ? La question est ouverte, alors que le boom des hydrocarbures non conventionnels en Amérique du Nord bouscule la donne énergétique planétaire en affaiblissant la domination des producteurs traditionnels, comme le Moyen-Orient ou la Russie.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit ainsi que d'ici à 2035, le gaz non conventionnel (de schiste en majorité) fournira près de 30 % de la production gazière mondiale, contre 14 % aujourd'hui. Pourtant, si de nombreux pays procèdent à des prospections et des évaluations de leurs réserves, seuls les Etats-Unis se sont aujourd'hui engouffrés dans une exploitation à grande échelle de cette ressource tant prometteuse que décriée.

S'il pourrait permettre d'accéder au Graal de l'indépendance énergétique – tout en créant des milliers d'emplois – le gaz de schiste est vertement critiqué pour ses conséquences néfastes pour l'environnement. Parmi les très nombreuses études produites à son sujet, un rapport de la Commission européenne évoquait en juin une empreinte écologique supérieure à celle du gaz conventionnel, et pointait les risques de contamination des sols et eaux souterraines liés à son exploitation, qui nécessite l'utilisation de milliers de produits chimiques et d'immenses quantités d'eau.

Lire la suite sur le site du Monde

 

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