Langue

Répondre au commentaire

BRÉSIL - Le plus grand extractiviste du continent

Version imprimableVersion imprimableSend by emailSend by email
Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Eduardo Gudynas
Date de publication: 
Vendredi, 8 Novembre, 2013

www.alterinfos.orgwww.alterinfos.org

 [Español] 

L’extractivisme, c’est l’appropriation d’énormes volumes de ressources naturelles ou leur exploitation intensive, les produits obtenus étant alors, en majorité, exportés comme matières premières vers les marchés mondiaux. Il semble passer inaperçu que, selon cette définition, le plus grand extractiviste d’Amérique du Sud est le Brésil.

Cette situation n’est pas toujours reconnue, car lorsqu’on parle d’extractivisme on pense en premier lieu à l’exploitation minière, et en second lieu, on donne comme cas emblématiques le Chili, le Pérou ou la Bolivie. Les représentations populaires font de ces nations andines les leaders miniers continentaux, et même mondiaux.

La réalité des dernières années est différente. Le Brésil est devenu le plus grand producteur et exportateur minier du continent. Ce pays a extrait plus de 410 millions de tonnes de ses principaux minerais en 2011, alors que toutes les autres nations sud-américaines réunies, se sont appropriées un peu plus de 147 millions de tonnes. Ces indicateurs se basent sur l’extraction en Amérique du Sud du cuivre, zinc, plomb, étain, bauxite, charbon et fer (qui représentent les principaux minerais par leur volume d’extraction et d’exportation). Il est impressionnant de noter que le Brésil extrait presque le triple de tous les autres pays sud-américains qui ont une industrie minière significative (Argentine, Bolivie, Colombie, Chili, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela).

Ces énormes volumes brésiliens sont dus spécialement à l’appropriation de fer et de bauxite. Mais ce pays est aussi celui qui possède un des paniers miniers les plus diversifiés (c’est en outre un important producteur de charbon, de plomb, et de quelques « terres rares », etc.). Que le Brésil soit le plus grand pays minier du continent n’est pas non plus un fait récent, et déjà, en l’an 2000, il extrayait le double de volume de tous les autres pays sud-américains.

Comme on le sait, pour chaque tonne de minerai extrait il existe différentes proportions d’un « sac à dos écologique », qui représente tout le matériau non utilisé. Si l’on ajoute ce sac à dos les chiffres des ressources naturelles appropriées augmentent encore davantage. Celui-ci est un indicateur important dans le cas de l’or, vu que son volume final est faible et sans effet sur les indicateurs présents ci-dessus, mais il a un énorme sac à dos écologique (un kilogramme d’or requiert de déplacer 540 tonnes de matière, selon la moyenne de référence globale), et dans beaucoup de cas, on l’obtient par des procédés très polluants et destructeurs (tels que la déforestation associée et l’usage du mercure). Dans ce domaine, le premier producteur sud-américain en 2011 était le Pérou (188 tonnes), mais le Brésil était deuxième (avec 67 tonnes), avec ensuite l’Argentine et le Chili.

L’extractivisme au sens strict est beaucoup plus que l’exploitation minière. L’appropriation de grands volumes de ressources naturelles ou leur exploitation intensive, pour alimenter les exportations, se retrouve dans d’autres secteurs, parmi lesquels se distinguent les hydrocarbures et l’agriculture. Dans ces catégories aussi le Brésil est un « champion ».

Si le Brésil est bien actuellement un producteur pétrolier de niveau moyen (occupant la troisième place en Amérique latine), et qu’il se concentre sur sa propre consommation, il est vrai aussi qu’il prépare l’exploitation de gisements marins. Son gouvernement espère placer le pays parmi les premières puissances pétrolières mondiales.

LIRE LA SUITE > DIAL

Répondre

Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.