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A La Gloria, des habitants accablés par la pollution

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Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Joëlle Stolz
Date de publication: 
Lundi, 4 Mai, 2009
LA GLORIA (ETAT DE VERACRUZ) ENVOYÉE SPÉCIALE.


Les habitants de La Gloria, un village perdu dans la poussiéreuse vallée de Perote, entre les Etats de Veracruz et de Puebla, n'avaient jamais imaginé qu'une épidémie de grippe leur apporterait une célébrité planétaire et une pluie inespérée de cadeaux. La presse internationale y défile pour voir de plus près le petit Edgar Hernandez, dont la toux, désormais inoffensive, a inquiété jusqu'en Chine et en Nouvelle-Zélande.

Même la chaîne de télévision arabe Al-Jazira s'intéresse à ce Mexicain de cinq ans, aux yeux rieurs, qui est peut-être la première personne à avoir été infectée par le nouveau virus de la grippe A (H1N1). Edgar a surmonté la maladie, début avril, grâce à la prise de paracétamol. Mais son cas soulève des questions : comment a-t-il été contaminé, alors qu'il n'a jamais quitté la vallée ? Y a-t-il un rapport entre l'apparition de la nouvelle grippe et l'épidémie d'affections respiratoires qui a touché cette communauté de trois mille personnes, obligeant les autorités de l'Etat de Veracruz à intervenir, début avril, pour repousser à grand renfort d'insecticides l'invasion de mouches dont se plaignaient les habitants ? Peut-on relier ces problèmes sanitaires et l'activité de
l'omniprésente entreprise Granjas Carroll (GC), une filiale mexicaine de l'américaine Smithfield, numéro un mondial de la production et de la transformation de viande de porc, qui a installé depuis quinze ans 72 élevages dans la vallée de Perote, dont une dizaine à proximité de La Gloria ?

GC nie farouchement et parle d'une malheureuse coïncidence. "Je suis prêt à vous payer si vous attrapez une seule mouche dans l'une de nos porcheries !", a lancé son directeur général, Victor Ochoa, aux journalistes contraints de se doucher et de revêtir combinaison blanche, bottes, masques et bonnets avant de pénétrer dans un élevage modèle, géré par ordinateur et presque aussi protégé qu'une centrale nucléaire. Loin, très loin des fermes asiatiques où la promiscuité
entre humains, cochons et volailles a favorisé la naissance de la grippe aviaire.

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A voir aussi :

Un système alimentaire qui tue : La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

Le Mexique assiste à une répétition infernale de l'histoire de la grippe aviaire asiatique, mais à une échelle encore plus tragique. Une fois de plus, la réponse officielle arrive trop tard et entachée de mensonges. Une fois de plus, l'industrie mondiale de la viande est au centre de l'histoire, s'obstinant à nier toute responsabilité, alors que le poids de l'évidence concernant son rôle ne cesse de s'accroître. Cinq ans après le début de la crise de grippe aviaire H5N1 et après cinq ans aussi d'une stratégie mondiale contre les pandémies de grippe coordonnée par l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS ou WHO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le monde chancelle sous les coups d'un nouveau désastre, la grippe porcine. La stratégie mondiale a échoué et doit être remplacée par un nouveau système de santé publique qui puisse inspirer confiance au public.

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