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La France retourne à la mine

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Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Hélène Ferrarini
Date de publication: 
Dimanche, 19 Janvier, 2014
Non aux permis de TennieNon aux permis de TennieAlors que personne n'a fouillé le sous-sol métropolitain depuis plus de vingt ans, comment expliquer ce regain d'intérêt de la part des opérateurs miniers?

La France pourrait redevenir une terre de mines. Deux permis miniers ont été récemment accordés sur le sol métropolitain. Une première depuis plus de vingt ans. Le premier, délivré en juin 2013, dit permis de Tennie, autorise la société Variscan Mines à faire des recherches sur 205 km2 dans quinze communes de la Sarthe et deux de Mayenne. Objectif: y trouver du cuivre, du plomb, du zinc, de l'or et de l'argent. Le deuxième permis, dit de Villeranges, concerne sept communes de la Creuse. La société Cominor y cherche de l'or, de l'argent, du cuivre, du zinc, de l'étain, de l'antimoine et du tungstène.


Il s'agit de permis exclusifs de recherches, permettant aux entreprises qui en sont titulaires de sonder le sous-sol, avant une possible exploitation minière si les recherches s'avèrent fructueuses. Des travaux préalables qui prennent un certain temps, puisque si mine il y a, ce ne sera pas avant 2020. Mais ces deux permis sont le signe d'un retour de l'industrie minière en France métropolitaine. Outre-mer, des exploitations existent déjà, notamment de nickel en Nouvelle-Calédonie et d'or en Guyane.

Le deuxième permis a d'ailleurs été perçu comme un feu vert par les entrepreneurs miniers. Pour Jean-Claude Guillaneau, directeur des Géoressources au BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières), «une douzaine de demandes de permis aurait été déposée à ce jour. Les entrepreneurs attendaient de voir si un deuxième permis serait signé, pour s'assurer que le premier permis n'était pas une erreur de parcours». Ce fut chose faite fin novembre avec le permis de Villeranges, accompagné d'une confirmation de l'intérêt porté par Arnaud Montebourg au développement de telles activités.

 «La politique minière engagée par le ministre du Redressement productif, qui est réaffirmée par ce second permis de recherches minières en métropole, ouvre d'importantes perspectives de croissance pour les territoires, en garantissant des investissements dans des activités à fort potentiel technologique, la création d'emplois et une meilleure valorisation des ressources naturelles de notre pays.»
Un renouveau minier bien vu par le ministère, qui le traduit en nombre d'emplois. Comptez entre 100 et 300 salariés pour une mine.

Une histoire de petits métaux
Mais, alors que personne n'a fouillé le sous-sol métropolitain depuis plus de vingt ans, comment expliquer ce regain d'intérêt de la part des opérateurs miniers? Une explication de taille est à chercher du côté des «petits métaux». Michel Bonnemaison, directeur général de Variscan Mines, la société qui a obtenu le permis de Tennie:
 «Ce sont ces petits métaux qui ont changé la donne. Ces métaux dit high-tech ne viennent pas seuls, ils sont associés aux métaux de base. Il y a une trentaine d'année, dans une mine de zinc, par exemple, on exploitait seulement le zinc. Aujourd'hui, on recherche aussi ces petits métaux qui peuvent jouer un rôle dans la rentabilité d'une exploitation, alors qu'ils n'étaient pas utilisés à l'époque. Si on joint à cela la hausse globale des prix des métaux, cela devient rentable.»

L'antimoine ou le tungstène, qui appartiennent à ces métaux high-tech, sont ainsi recherchés par la société Cominor dans la Creuse. Ces petits métaux sont aussi qualifiés de stratégiques ou de critiques car leur chaîne d'approvisionnement est menacée en Europe. Or leurs propriétés catalytiques, électriques, magnétiques, chimiques ou encore optiques en font des matériaux indispensables pour certaines filières de l'économie. La question de la sécurisation de leur approvisionnement est donc sensible.Lire la suite
PER de VillerangesPER de Villeranges
Référence aux contenus d'ALDEAH
A voir aussi :

Exploitation minière dans la Creuse : Dites oui et ne posez pas de questions !

Date de publication: 
Mardi, 3 Septembre, 2013
Par: 
Collectif ALDEAH

A paraître dans "Trou des Combrailles", numéro 5, automne 2013 

Depuis le 24 juillet 2013 et jusqu’au 4 septembre prochain, sur le site Internet du Ministère du redressement productif, le « public » est invité à adresser ses observations concernant le projet d’octroi du permis exclusif de recherches de mines (PERM) dit de Villeranges [1]. Ce PERM porte sur la recherche « d'or, de cuivre, d'argent, de zinc, d'antimoine, d'étain, de tungstène et substances connexes », son périmètre s’étend sur une zone de 47,6km² dans le département de la Creuse et il sera octroyé à la société Cominor [2].

Dessin du Trou de Combrailles n° 5, automne 2013 (merci de citer)Dessin du Trou de Combrailles n° 5, automne 2013 (merci de citer)

Une mascarade de démocratie

La procédure d'instruction de la demande de ce permis, qui fait suite à la récente approbation d’un autre permis de même type (PERM de Tennie, en Sarthe et Mayenne)[3], est un exemple patent d’autoritarisme. En soumettant le projet d’octroi à la « consultation publique » au cœur de l’été et sans en faire la moindre publicité, le Ministère du redressement productif démontre son profond mépris pour la démocratie. Comme le signale la note de présentation du projet d’arrêté d’octroi [4], l’ensemble des administrations consultées à propos du PERM de Villeranges ont déjà explicitement donné leur feu vert. Le public n’est invité qu’à envoyer ses observations, en dernier, et seulement s’il apprend l’existence de cette possibilité par ses propres moyens. La « consultation » se résume donc à l’ouverture d’une adresse mail par le Ministère ! Son résultat n’est par ailleurs nullement contraignant : il ne s’agit pas d’obtenir l’approbation de la population, mais tout au plus de connaître son opinion.   

Quel déni de démocratie, M. Montebourg ! Nous sommes très loin de la VIème République que vous promettiez en 2012 : " Le citoyen […] sera réintégré dans la boucle de la décision et trouvera la possibilité de s’exprimer et de participer à l’action publique ". 

S'agit-il d'un oubli ou d'un retournement de marinière (voir ci-contre)? Les méthodes que vous mettez en œuvre aujourd’hui sont les mêmes que celles employées par J-L. Borloo lorsque, en 2009, il signait en catimini les permis d’exploration de gaz et pétrole de schiste.

Risques passés sous silence

En déclarant que « la mine est un axe potentiel du redressement, un élément de compétitivité et de souveraineté » [5], Arnaud Montebourg semble ignorer que le dossier de l’exploitation minière industrielle est excessivement lourd en termes d’impacts sociaux, économiques, culturels, politiques et environnementaux.

L’industrie minière moderne est tournée vers l’exploitation de gisements de faible concentration et implique l’utilisation de grands volumes de produits potentiellement toxiques (cyanure, acide sulfurique, etc.), ainsi que la génération massive de déchets.

Folie de l’or : mieux vaut prévenir que guérir

Permis de VillerangesPermis de Villeranges

Acteurs

3 millions d’euros. C’est ce qu’ils vont mettre dedans. Il vaut mieux être sûr de son coup à ce tarif. Et c’est la Cominor qui veut exploiter ça. Son chiffre d’affaire (verif.com au 02/09/2013) est de 3 142 776 euros (à peu près le tarif du permis) et son dirigeant est Dominique Delorme, qui dirige aussi le groupe mère « La Mancha Resources INC » (siège social à Vancouver ‑ Cocorico M. Montebourg) qu’Areva a refilé à Weather II (lire l’encadré).

Ils exploitent déjà des gisements en Afrique mais un nouveau territoire (national) à « coloniser » où il n’y aurait pas trop d’autochtones pour gueuler, serait par exemple… la Creuse.

Le 14 février 2013, le préfet, l’ancien, quatre jours avant de partir, faut-il croire puisque la nouvelle préfète a pris ses fonctions le 18 du même mois, a réservé une suite favorable à la demande du permis de Villeranges.

Et la population a eu un gros mois pour dire son avis… en plein été. Ça rassure franchement, on voudrait faire un truc louche qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais les messieurs de la Cominor, de la préfecture et du ministère n’habitent certainement pas à Villeranges. Et je me suis déplacé dans le coin pour voir ce que les gens en disaient.

Un déplacement autour de Villeranges (commune de Lussat)

La note de présentation précise déjà que ce sont les hameaux de Villeranges, des Farges et de Varennes (Lussat) les plus concernés.

Je suis d’abord allé sur les communes de Lépaud et Chambon, qui ont des surfaces touchées par le permis. Il y a une personne qui n’en n’avait même pas entendu parler, et qui a dit que ce serait bien s’il y avait de l’or. Je lui ai dit que de toute façon le sous-sol appartient à l’État : elle ne le savait pas. Dans un autre hameau, quelqu’un encore n’était pas au courant d’habiter sur le périmètre d’exploration autorisé. Il m’a dit d’aller voir le propriétaire. Selon celui-ci, c’est surtout le hameau des Farges qui serait concerné, parce qu’ici les carottages d’il y a quelques année n’avaient pas donné grand-chose. Pourtant, « ici » est quand même sur le permis, va savoir pourquoi…

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Pérou : criminalisation des mouvements socio-environnementaux

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