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Louisa Hanoune et le gaz de schiste en Algérie: entre soutien et désinformation

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Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Sofiane Baba
Date de publication: 
Dimanche, 25 Janvier, 2015

« Comment ça se fait que nos docteurs, nos professionnels de la santé disent qu’il faut un moratoire [sur le gaz de schiste] et que le politicien Claude Williams [nous dise] : il n’y a pas de problème, faites-nous confiance. Moi, quand j’ai un problème de santé, je vais voir un professionnel de la santé, pas un politicien. » Nicole Richard, porte-parole du comité Notre environnement, notre choix, Canada.[ii]

El Watan a récemment publié un article qui expose le soutien de Louisa Hanoune à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie[iii]. En affirmant résolument que les inquiétudes des Algériens à ce sujet sont « légitimes mais infondées », elle appelle la population à ne pas s’inquiéter car l’Algérie « dispose d’une loi sur les hydrocarbures à la hauteur ». Je pense au contraire qu’il est légitime de s’inquiéter… non seulement à l’égard de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie, mais également à la désinformation et aux contrevérités avancées par Mme Hanoune pour légitimer cette pratique en Algérie.

La secrétaire générale du Parti des travailleurs avance que « le gaz de schiste est déjà exploité dans d’autres pays à l’image des Etats Unis et du Canada ». Rien que cette première citation mérite d’être décortiquée. De prime abord, Louisa Hanoune souhaite légitimer l’exploitation du gaz de schiste en Algérie parce que de grandes puissances (ex. États-Unis et Canada) l’ont fait. Consciemment ou inconsciemment, elle omet de dire que la France[iv], le Québec, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie ont imposé un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste en raison des risques écologiques de la fracturation hydraulique. Par la même occasion, elle omet de mentionner que l’exploitation du gaz de schiste a été suspendue en Angleterre en 2012 dans l’attente d’études environnementales approfondies, ou encore que l’Allemagne a reporté sine die tous les projets d’exploration dans l’attente de conclusions des recherches d’un grand groupe de travail où universitaires, industriels et politiques ont été réunis.

Par ailleurs, Mme Hanoune explique que « jamais un tel débat sur ses dangers n’a été suscité [aux États-Unis et au Canada] ». Quiconque a suivi ne serait-ce que minimalement l’actualité nord-américaine depuis 2008-2009 comprendra que cette affirmation est simplement fausse. Dès la confirmation de la présence de ressources de gaz non conventionnel au Québec en 2008, son exploration et exploitation ont fait l’objet de nombreuses controverses. Une mobilisation citoyenne sans précédent a vu le jour, soutenu par des groupes écologiques, des experts, des universitaires, des professionnels et des partis politiques, résultant en une pétition soumise à l’Assemblée Nationale le 8 février 2011 avec 128 000 signatures. Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) au sujet de la fracturation hydraulique et de l’exploitation du gaz de schiste au Québec confirme que la province ne tirerait pas de profit de cette activité en termes d’évaluation holistique aux plans économique, sociale et environnementale[v]. Lire la suite

Référence aux contenus d'ALDEAH
A voir aussi :

Algérie : feu vert pour les gaz de schiste

Après un vote pratiquement à sens unique, la nouvelle loi sur les hydrocarbures N.13-01 du 20 février 2013 modifiant et complétant celle du 28 avril 2005, a été publiée au JO n°11, du 24 février dernier.

Le rideau est donc tombé sur le déjà ancien débat sur l'exploitation des gaz de schiste, en Algérie. La nouvelle loi sur les hydrocarbures n'a pas été tellement remaniée par rapport à l'ancien texte de 2005, hormis l'exploitation des gaz non conventionnels, c'est-à-dire les gaz de schiste et quelques réaménagements concernant le transport de gaz et de pétrole par canalisations qui seront désormais dévolus à Sonatrach.

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