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Rencontres des Occupations et des Résistances Rurales à Casa Selba

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Date de publication: 
Jeudi, 6 Juillet, 2017
Par: 
IACAM !

 

Pour la défense des occupations rurales et du territoire!

L'occupation rurale?

L'occupation à la campagne est une pratique politique qui n'est pas aussi connue que le squat en ville. Mais elle existe et elle est forte dans de nombreux endroits du monde. Selon les motifs qui amènent à occuper des terres, les caractéristiques des occupations sont différentes. Il y a celles qui se mettent en place pour défendre des lieux contre de Grands Projets Inutiles (la ZAD de NDDL, le No-TAV en Val de Suse, les Anti-MAT en Catalogne), celles qui essayent de défendre des forêts contre des entreprises énergétiques (forêt de Hambach à Cologne) ou touristiques (la ZAD de Roybon) ou celles qui repeuplent des villages abandonnés.Cette dernière forme est particulièrement répandue en Espagne, surtout dans les Pyrénées, dans la province de Huesca. Les motifs peuvent être différents, par contre les objectifs poursuivis sont assez semblables : la défense du territoire, l'expérimentation de nouvelles façons de vivre et la recherche d'émancipations individuelles et collectives.

Il y a 20 ans, le village squatté de Sasé a été expulsé; c'était un village abandonné qui se trouve à La Solana (Huesca). Depuis cet événement, les occupations de villages jouissent d'une certaine tranquillité. Par contre, ces derniers mois la répression s'est accrue et on sent à nouveau peser une vraie menace sur ces villages. Des camarades qui habitent à Fraguas (Castilla-la-Mancha) doivent faire face à un procès qui veut les condamner à 4 années de prison pour chacun-e et à 26000 euros d'amende pour payer la destruction des maisons qu'ils/elles ont eux-mêmes reconstruites. A Urniza (Navarre) des camarades font face aussi à des pressions de la part des gardes forestiers ; ils/elles ont reçu une lettre d'expulsion et ils/elles attendent la réaction de l'administration qui les menacent. Dans d'autres villages squattés de la province de Huesca, ils/elles subissent des pressions diverses, que ce soit des amendes, des menaces, ou des tentatives de négociation mensongère, etc. Pour finir, les camarades de Casa Selba (Huesca), sont les premier.e.s à subir la répression chez elles/eux. Le 25 mai 2017, ils/elles ont été convoqué.e.s à un procès pour usurpation, à l'issu duquel ils/elles ont été acquité.e.s. Par contre, ils/elles courent toujours le risque d'être éxpulsé.e.s, et ils/elles se demandent quelles voies répressives utiliseront celles/ceux qui détruisent le territoire.

C’est pour cela que nous lançons un appel à solidarité et au soutien international, pour pouvoir résister à une probable expulsion. Mais aussi pour être uni.e.s car nous savons que malgré la répression, les occupations de terres seront toujours fortes et vivantes. Nous allons donc organiser les Rencontres des Occupations et des Résistances Rurales à Casa Selba, du 8 au 17 septembre 2017. Nous vous tiendrons informé.e.s à mesure que ces Rencontres prendront forme. Nous souhaitons inviter toutes les personnes qui désirent défendre des territoires menacés de destruction, partager et apprendre. Nous vous demandons de réserver ces dates-là et de vous mettre en contact avec nous pour qu'on puisse organiser ces Rencontres au mieux !

Où?

Casa Selba est une ancienne bâtisse aux confins du Sobrabe (Huesca), qui appartient à la Confederation Hidrográfica del Ebro (CHE) depuis 1963; à cette époque, ses habitant.e.s en ont été exproprié.e.s, ainsi que ceux d'autres villages aux alentours, pour la construction du barrage du Grado. En 2010, des personnes ont squatté ces maisons et les terres attenantes, qui étaient en très mauvais état du fait de l'abandon de l'Etat. Le 25 mai dernier, il y a eu un procès dans la juridiction de Boltaña contre les occupant.e.s pour usurpation mais ils/elles ont finalement été acquitté.e.s.

Le jour du procès plus de 230 personnes se sont déplacées pour soutenir la Casa Selba. De plus, il y a eu une vrai réponse solidaire et de soutien pendant les Rencontres Anti-Répression Rurale qui se sont déroulées le lendemain 26 mai à la Casa Selba. Nous pensons que pour défendre la Casa Selba et l'occupation rurale nous ne pouvons compter que sur cette solidarité et sur la force collective des personnes qui nous soutiennent.

Nous savons que la Casa Selba et les autres villages qui sont en danger d'expulsion ne sont pas les seuls. Pour cette raison, nous appelons toutes celles et ceux qui luttent pour défendre des territoires à venir à ces rencontres, car l'ennemi est commun. La CHE ne répond pas à d'autres intérêts que ceux du capitalisme, il en est de même pour beaucoup d'autres agressions contre des territoires.

Qu'est ce que la CHE et pourquoi est-ce une organisation criminelle?

La CHE est une entreprise d'Etat, c'est à dire qu'elle est publique et dépendante du gouvernement espagnol. Elle est responsable de la construction et du fonctionnement des grandes infrastructures (barrages, canaux, etc) qui détruisent une grande partie du lit de l'Ebre. Selon ses propres données, la CHE a déplacé plus de 13 000 personnes tout au long de l'Ebre pour la construction de barrages. Dans la province pyrénéenne de Huesca, ce chiffre est de 7000 personnes, en plus des 65 villages forcés d'être abandonnés.

Aujourd'hui, la CHE veut constuire un autre barrage à Biscarrués, condamnant à mort la vie d'une vallée entière autour du ruisseau Gállego, en plus d'inonder le village de Erés. Mais il s'agit également d'agrandir le barrage de Yesa et il y a le projet de construire encore deux autres barrages.

On peut donc dire sans avoir peur de se tromper : La CHE tue les territoires !

Pourquoi choisissons-nous d'occuper la montagne?

Nous avons choisi ce mode de vie car nous faisons partie d'une génération qui a été "exclue" des villes, celles-ci ne pouvant pas nous offrir de perspectives émancipatrices. Le capitalisme nous montre un visage de plus en plus dur et les villes sont devenues des vitrines où l'on ne peut plus que vendre et acheter. Il n'y a pas de place pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas participer de cette dynamique. Nous sommes de plus en plus nombreu.x.euses à resssentir ce besoin d'arrêter d'alimenter la machine de la croissance infinie, pour se concentrer sur la création de nos propres moyens d'existences. L'environnement rural réunit les conditions qui nous permettent d'expérimenter des vies plus autonomes, en réduisant au minimum les besoins d'argent.

L'Etat espagnol est propriétaire de grands territoires à cause de sa politique de développement. Cette politique au bénéfice des entreprises privées construit des méga-infrastructures, et aussi recherche des travailleur.euse.s bon marché pour aller bosser dans les usines dont ces infrastructures ont besoin.

C'est pour ces raisons que nous trouvons légitime de nous réapproprier collectivement ces territoires, où nous souhaitons vivre d'une manière cohérente avec nous-même et avec notre entourage. Nous essayons de maintenir en vie des territoires abandonnés ainsi que la mémoire de celles et ceux qui en ont eté expulsé.e.s. Nous encourageons toutes les personnes qui le souhaitent à venir nous rejoindre, surtout celles et ceux qui partagent avec nous les motivations qui nous ont poussé.e.s à habiter la montagne. Il y aujourd'hui en Aragon beaucoup de villages qui sont propriété de la CHE ou de l'Etat.

En attendant, nous vous invitons à exprimer votre soutien et à nous tenir au courant si vous voulez venir aux Rencontres des Occupations et des Résistances Rurales, sur l’adresse email selba-coord[at]riseup.net. Nous vous encourageons également à venir participer avec nous à l'organisation de ces Rencontres qui sont, comme vous pouvez l'imaginer complètement autogérées. C'est toujours important de pouvoir compter sur des gens motivé.e.s pour l'organisation !

S'il y a des personnes qui peuvent/veulent venir aider les habitant.e.s de la Casa Selba en amont des Rencontres, vous pouvez nous contacter sur l’adresse email vivalaselba[at]riseup.net

Fragas, Urniza et La Selba ne se rendront pas !

Traduction en français de l’appel vivalaselba par le collectif IACAM !

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l'Assaut des Montagnes !

iacam[at]rezo.net

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