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Quand l'or noir pollue l'or bleu (Vénézuela , Argentine)

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Source de l'article de presse
Auteur de l'article de presse: 
Jean-Baptiste Mouttet
Date de publication: 
Samedi, 3 Mars, 2012

Les entreprises minières et pétrolières mettent en danger l'eau de l'Amérique latine.Au Venezuela, une nouvelle catastrophe écologique a détruit des écosystèmes et met en danger le mode de vie des habitants. Reportage.

C'est marée basse. Le Guarapiche, rivière à l'Est du Venezuela, découvre ses berges de mangroves. Elles sont noires, de longues traces de pétrole suivent tranquillement le cours de l'eau. Le 4 février un oléduc s'est rompu à une cinquantaine de kilomètres de là, à Jusepin.

Selon le biologiste Antonio Machado, spécialiste de l'écologie tropicale et de l'eau, environ,"80.000 barils se seraient déversés dans le Guarapiche, soit plus de 12 millions de litres. La pollution a gagné le parc national de Turuépano. Selon le Réseau des sociétés scientifiques médicales vénézuéliennes, il s'agirait de la plus grande catastrophe de ce type en eau douce à l'échelle mondiale.

Vêtu d'une combinaison perméable, "et de deux pantalons" en-dessous, Elia Hernandez fait une pause déjeuner dans la forêt tropicale, au bord du Colorado où se jette le Guarapiche. Avec d'autres habitants d'une proche petite ville, Caripito, il est embauché quotidiennement pour 14 euros par jour par PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, pour "enlever tout ce qui flotte et qui est contaminé".

Des dizaines de sacs poubelles suintants et remplis de branchages sont entreposés dans une barque. "Au début nous ramassions des sacs poubelles entiers de poissons. Il y avait des raies et des serpents", dit-il alors qu'il a commencé de travailler une quinzaine de jours plus tôt.

Le biologiste vénézuélien Antonio Machado explique que "tous les animaux qui ont des branchies meurent immédiatement" au contact du pétrole. Selon lui l'entreprise nationale est responsable: "Il y a un manque évident de maintenance" des infrastructures.

Un continent entier face à "l'extractivisme"

Ces conséquences néfastes des entreprises pétrolières visibles au Venezuela, sont aussi vraies pour de nombreux pays d'Amérique latine, du Mexique à l'Argentine. Elles ne concernent pas seulement le pétrole mais aussi l'exploitation de l'or, de l'aluminium etc. "C'est un des continents où l'avancée des industries 'extractives' a été la plus forte ces dernières années", note la spécialiste de la question Juliette Renaud, membre de l'ONG œuvrant pour la protection de l'environnement, les Amis de la Terre. Lire la suite

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