Vêtu d'une combinaison perméable, "et de deux pantalons" en-dessous, Elia Hernandez fait une pause déjeuner dans la forêt tropicale, au bord du Colorado où se jette le Guarapiche. Avec d'autres habitants d'une proche petite ville, Caripito, il est embauché quotidiennement pour 14 euros par jour par PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, pour "enlever tout ce qui flotte et qui est contaminé".
Des dizaines de sacs poubelles suintants et remplis de branchages sont entreposés dans une barque. "Au début nous ramassions des sacs poubelles entiers de poissons. Il y avait des raies et des serpents", dit-il alors qu'il a commencé de travailler une quinzaine de jours plus tôt.
Le biologiste vénézuélien Antonio Machado explique que "tous les animaux qui ont des branchies meurent immédiatement" au contact du pétrole. Selon lui l'entreprise nationale est responsable: "Il y a un manque évident de maintenance" des infrastructures.
Un continent entier face à "l'extractivisme"
Ces conséquences néfastes des entreprises pétrolières visibles au Venezuela, sont aussi vraies pour de nombreux pays d'Amérique latine, du Mexique à l'Argentine. Elles ne concernent pas seulement le pétrole mais aussi l'exploitation de l'or, de l'aluminium etc. "C'est un des continents où l'avancée des industries 'extractives' a été la plus forte ces dernières années", note la spécialiste de la question Juliette Renaud, membre de l'ONG œuvrant pour la protection de l'environnement, les Amis de la Terre. Lire la suite