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Création d'un observatoire européen de la bioéconomie

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Le 14 février dernier, la Commission européenne a annoncé la création d'un observatoire de la bioéconomie en Irlande. Un grand pas -enfin! - en direction de la transition énergétique ou bien un nouvel instrument du business vert? Pour mieux comprendre la portée de cette décision, nous vous invitons à lire l'article d'Hervé Kempf ci-dessous.

Le monde, 17 février 2013, par Hervé Kempf, kempf@lemonde.fr Pendant que les économistes, politiques et médias pleurnichaient comme à leur habitude sur la croissance perdue - ils refusent d'admettre qu'une croissance infinie dans un monde fini est impossible -, une nouvelle est passée inaperçue. Un signal faible qui annonce ce que sera demain. La Commission européenne a annoncé, le 14 février en Irlande, la création d'un observatoire de la bioéconomie. La bioéconomie ? Une économie qui succédera à l'ère du pétrole (c'est-à-dire assez rapidement) en visant une utilisation rationnelle des ressources dites naturelles, c'est-à-dire en cessant de les gaspiller. Le moyen ? Outre une sobriété indispensable, l'usage prudent et intelligent des cycles biologiques pour substituer aux minéraux fossiles la production sans cesse renouvelée des espèces végétales et animales. La création de l'observatoire n'est qu'une première étape de la stratégie européenne de la bioéoconomie, qui avait été annoncée par la Commission en février 2012 (peu après, aux Etats-Unis, un document similaire avait été publié par la Maison Blanche). Sur le principe de cette nouvelle économie que recommandent les écologistes de longue date, on ne peut qu'être d'accord. Mais il y a plusieurs façons de la mettre en oeuvre, et celle qu'a en tête la Commission ne correspond pas à l'optimum écologique. L'intitulé même de la stratégie, " Innovating for sustainable growth " (" innover pour une croissance soutenable "), indique que l'on reste dans le paradigme de la croissance. Et l'essentiel de son discours est axé sur la technologie, dans une logique de compétition avec les autres puissances économiques. Biotechnologies, biologie de synthèse, nanobiotechnologies se voient ainsi présentées comme les clés de l'avenir, tandis que l'on réfléchit à l'" acceptation par le consommateur des nouvelles technologies ". Symptomatique, par exemple, est le raisonnement sur la viande : le document en prévoit une hausse forte de la consommation. Mais plutôt que de supposer qu'un changement culturel pourrait infléchir cette trajectoire, il ne liste que des innovations génétiques dans l'élevage pour faire face au problème. Passée presque inaperçue du mouvement écologique, la démarche de la Commission est célébrée par Europabio, le lobby des grandes firmes biotechnologiques. Attention : si la bioéconomie est la clé de l'avenir, il ne faut pas en laisser la définition aux technocrates de Bruxelles et aux firmes multinationales. © Le Monde

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