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BRÉSIL - Le plus grand extractiviste du continent

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L’extractivisme, c’est l’appropriation d’énormes volumes de ressources naturelles ou leur exploitation intensive, les produits obtenus étant alors, en majorité, exportés comme matières premières vers les marchés mondiaux. Il semble passer inaperçu que, selon cette définition, le plus grand extractiviste d’Amérique du Sud est le Brésil.

Cette situation n’est pas toujours reconnue, car lorsqu’on parle d’extractivisme on pense en premier lieu à l’exploitation minière, et en second lieu, on donne comme cas emblématiques le Chili, le Pérou ou la Bolivie. Les représentations populaires font de ces nations andines les leaders miniers continentaux, et même mondiaux.

La réalité des dernières années est différente. Le Brésil est devenu le plus grand producteur et exportateur minier du continent. Ce pays a extrait plus de 410 millions de tonnes de ses principaux minerais en 2011, alors que toutes les autres nations sud-américaines réunies, se sont appropriées un peu plus de 147 millions de tonnes. Ces indicateurs se basent sur l’extraction en Amérique du Sud du cuivre, zinc, plomb, étain, bauxite, charbon et fer (qui représentent les principaux minerais par leur volume d’extraction et d’exportation). Il est impressionnant de noter que le Brésil extrait presque le triple de tous les autres pays sud-américains qui ont une industrie minière significative (Argentine, Bolivie, Colombie, Chili, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela).

AMÉRIQUE DU SUD - Progressisme et gauche marron

www.alterinfos.orgwww.alterinfos.orgDans le numéro de novembre, nous publions deux textes de l’Uruguayen Eduardo Gudynas, analyste du Centre latino-américain d’écologie sociale (CLAES), fondé en 1989 et basé à Montevideo (Uruguay). Le premier revient sur la question de l’extractivisme, déjà abordé dans les numéros précédents [1], à partir d’un cas d’école, le Brésil. Le second, ci-dessous, propose une analyse plus large des contradictions des gouvernements de gauche sud-américains sur les questions environnementales.
Les questions environnementales sont devenues un terrain de contradictions et tensions croissantes pour les gouvernements sud-américains qualifiés souvent de « nouvelle gauche » ou de « progressistes ». Cette problématique s’accentue année après année, et semble révéler qu’un changement profond est en marche dans l’esprit de la gauche.
Sous les noms de « progressisme » et de « nouvelle gauche », on regroupe des situations très diverses qui vont du cas de Rafael Correa en Équateur ou d’Evo Morales en Bolivie à celui de Dilma Roussef au Brésil ou de José « Pepe » Mujica en Uruguay. Les uns ont été appelés « gauche radicale », on dit des autres qu’ils ressemblent à la social-démocratie européenne, les uns défendent l’idéal d’un « socialisme du XXIe siècle » tandis que les autres se disent « nationaux-populaires ». Ces descriptions et bien d’autres ont probablement une certaine justesse, mais elles sont aussi incomplètes.

Documents

Être comme eux ? Perspectives critiques latino-américaines sur le développement

Auteur: 
Sous la direction de Nicolas Pinet - Parangon/Vs - DIAL
Date de publication: 
Jeudi, 28 Mars, 2013

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L’idée de « développement » semble désormais, pour beaucoup, aller de soi. Si débat il y a, c’est en général à l’intérieur de ce cadre de pensée, sur les modalités des transformations à effectuer ou sur la terminologie utilisée : l’expression « pays sous-développés », jugée trop négative, a été remplacée par l’euphémisme « pays en voie de développement » qui met en avant les potentialités prometteuses des aspirants… La hiérarchisation sous-jacente, rendue ainsi moins explicite, ne fait pas elle-même l’objet d’un questionnement, ni d’ailleurs les critères qui y président, définis par ceux-là qui se sont adjugé la première place.

Les textes réunis dans cet ouvrage font, à l’inverse, porter le débat sur la notion même de « développement ». Ils en rappellent les conditions de naissance, au mitan du siècle, et décryptent les stratégies politiques dont elle devait être l’instrument. Ils décrivent les effets dévastateurs de l’imposition du « modèle occidental » au nom d’un soi-disant progrès et de programmes d’aide au développement. Ils font entendre des voix revendiquant le droit, et le bonheur aussi, de ne pas être comme « eux » – c’est-à-dire comme nous. Ils donnent à voir enfin comment, par-delà les relations heurtées avec une culture « occidentale » envahissante, d’autres modes de vie perdurent et se réinventent sous des formes dont nous avons sans doute beaucoup à apprendre.

Arturo Escobar, Majid Rahnema, Ivan Illich, Gustavo Esteva, Javier Medina, Dominique Temple, Benjamín Maldonado, Louisa Reynolds, Leonardo Boff, Denis Merklen, Raúl Zibechi et Victór Bretón.

Sommaire :

Avant-propos

Première partie - Approches critiques du « développement »
L’invention du développement, Arturo Escobar
« Quand la misère chasse la pauvreté » : entretien avec Majid Rahnema
« Venez pour regarder [...]. Venez pour étudier. Mais, par pitié, ne venez pas pour aider » : discours d’Ivan Illich prononcé à la Conférence sur les projets étudiants interaméricains, le 20 avril 1968