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« Plus d’extractivisme pour sortir de l’extractivisme» : le pari risqué de Correa

Mine à ciel ouvertMine à ciel ouvertL’annonce de l’abandon de l’initiative Yasuní-ITT [1] par le président Rafael Correa a suscité l’émoi des mouvements écologistes et a attiré l’attention des médias internationaux sur ses politiques dans le domaine des industries extractives¹. Mais qu’en est-il de l’action du gouvernement dans ce secteur? Dans quelle mesure est-elle compatible avec son projet politique ouvertement socialiste et avec les principes pionniers mis en avant dans la Constitution de 2008?

Extension de la frontière extractive

À  l’instar  de  nombreux  autres  pays  d’Amérique Latine, l’Équateur s’est lancé, depuis l’élection de Rafael Correa, dans une ré-primarisation de son économie, incarnée par une extension marquée de la frontière extractive dans les secteurs minier et pétrolier. Mis à part le poids croissant du pétrole dans l’économie et l’ouverture symbolique du parc Yasuní à l’exploitation, le gouvernement a lancé en 2012 une vaste campagne de titularisation de nouveaux permis d’exploration pétrolière, lesquels couvrent près d’un quart de  l’Amazonie équatorienne  (environ  3  millions  d’hectares).

L’Équateur  a  également  parié  sur  l’exploitation minière  industrielle.  Cinq  nouveaux  projets  à grande échelle ont été classés comme « stratégiques » : les projets cuprifères à ciel ouvert de Mirador et Panantza-San Carlos, et aurifères de Río Blanco, Fruta del Norte et Loma Larga. Une quinzaine d’autres projets, moins avancés, sont également en cours. Malgré une réduction substantielle du nombre de permis miniers par rapport à la période néolibérale, près de 5% de la superficie du pays reste dédiée à l’exploration minière.

Conférence du Professeur Rafael Correa à la Sorbonne : faire prendre des vessies pour des lanternes

Date de publication: 
Lundi, 11 Novembre, 2013
Par: 
Gérald LEBRUN

Conférence du Professeur Rafael Correa à la Sorbonne.
Ou, comme le grand illusionniste Rafael essaye de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

La conférence a eu lieu le 6 Novembre 2013 au vénérable grand amphithéâtre de la Sorbonne.
Nous sommes arrivés à 16h30, et il avait déjà la queue, nous avons attendu environ 30 minutes avant que finalement on nous ouvre les portes.  Heureusement, malgré les nuages ​​menaçants, on a pu éviter la douche.
En arrivant à la porte, contrôle d'identité, contrôle des papiers et, bien sûr, l’indispensable invitation. On a dû également laisser au vestiaire nos sacs et autres serviettes...
Nous sommes enfin dans l’amphithéâtre, déjà 17h15, il faut attendre le début de la conférence prévue à 18H. Enfin assis, nous avons pu assister au ballet des agents, techniciens et cameramen.
Pendant que nous attendions, les organisateurs ont passé un documentaire touristique sur l'Equateur avec les images des merveilles que ce pays a encore, y compris les images de Yasuni. Ma voisine m'a demandé, c'est l’Equateur?  Oui madame, Quel joli pays, Oui madame et si vous voulez le connaître, il faut y aller maintenant, parce que dans 10 ans, cela ne sera plus la même chose.

Le public

Le vrai coût des politiques sociales de Rafael Correa

Date de publication: 
Lundi, 4 Novembre, 2013
Par: 
ALDEAH

"Les principaux ennemis de notre projet sont les gauchistes infantiles et les écologistes romantiques”.
(Rafael Correa) [1]

Faire passer les vessies pour des lanternes est un exercice bien connu des politiques. Incontestablement, nombre de dirigeants progressistes d’Amérique latine excellent dans ce domaine lorsqu’il s’agit d’impressionner l’opinion occidentale amie. Se présenter à ses yeux comme humanistes, anticapitalistes, anti-impérialistes et écologistes ne les empêche aucunement, sur le plan intérieur, de conduire des politiques autoritaires en se prêtant au jeu des intérêts du capital international dans le total mépris de l’autonomie des populations et du respect des écosystèmes.

L'emphase révolutionnaire, surtout lorsqu’elle accroche au drapeau rouge un fanon vert, a du crédit auprès de la gauche alternative occidentale. A la recherche d’un contre-modèle, celle-ci est parfois prête à fermer les yeux sur certains « détails ». Nous espérons que cela ne sera pas le cas lors de la prochaine venue à Paris de Rafael Correa, invité à donner plusieurs conférences (notamment le 6 novembre à la Sorbonne). En prévision de cette rencontre, nous, militants impliqués dans des luttes socio-environnementales en France et solidaires avec celles d’ailleurs, souhaitons apporter quelques éclaircissements au sujet du prétendu écologisme de la « révolution citoyenne » [2] en Equateur.

Yasuní-ITT est mort, vive l’extractivisme !

Le monde a certainement perdu une belle utopie avec l’abandon de l’initiative Yasuní-ITT. Cette dernière, initiée par les mouvements écologistes équatoriens et reprise par le gouvernement de Correa dès 2007, engageait l’Etat à laisser sous terre une partie du pétrole du parc national Yasuní en contrepartie d’une contribution de la communauté internationale. Le 15 août dernier, le montant minimum (3, 6 milliards de dollars) n’ayant pas été réuni, Correa jetait le projet aux oubliettes. Le pétrole sera donc exploité dans cette région à la biodiversité unique, territoire de nombreux peuples indigènes, dont certains en « isolement volontaire ». On peut sans doute blâmer ladite communauté internationale pour son manque d’implication (comme l'a fait Correa pour justifier son geste), mais force est de constater que l’avenir de l’initiative a toujours été incertain et que le « plan B » (l’exploitation) n’a jamais été exclu [3].

Blocs pétroliers en Amazonie équatorienneBlocs pétroliers en Amazonie équatorienneCe projet, qui jusque-là avait servi de faire-valoir commode vis-à-vis des écologistes (« infantiles », selon les mots de Correa) comportait déjà une sérieuse limitation. Il divisait le territoire amazonien en deux : d’un côté, un fragile sanctuaire, de l’autre, les zones de sacrifice. De nombreux territoires, dont ceux des Kichwa de Sarayakú, étaient menacés ou déjà concernés par l’exploitation pétrolière.

Equateur - Tous les contenus

Communiqué Lettre au ministre équatorien de l’environnement sur une concession de mine d’or dans le comté de Nabón
Brève Intervention militaire à Nankints
Communiqué Lettre de soutien aux populations équatoriennes en lutte contre les projets miniers du collectif Stop Mines 23 (Creuse)
Brève Visite du Pape en Equateur - le grand écart de Correa
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Communiqué Equateur : détention arbitraire de Javier Ramirez, un des dirigeants d'Intag
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Article de presse « Plus d’extractivisme pour sortir de l’extractivisme» : le pari risqué de Correa
Page Financement participatif : participez au projet "Caméra Shuar" !
Brève Des archives et documents sur la region centre-sud de l’amazonie équatorienne ont été volés chez des videastes
Vidéo Territoire et autonomie. Domingo Ankuash, une voix du peuple shuar.

Brèves

Intervention militaire à Nankints

Intervention Militaire à Nankints

On apprend à l'instant que des militaires de l'armée équatorienne ont réprimé avec une violence disproportionnée les shuar de Nankints, qui occupaient depuis hier le campement minier de la société minière EXSA. Les militaires détiennent un représentant shuar.

Quito, 22 novembre 2016

Visite du Pape en Equateur - le grand écart de Correa

Le 6 juillet dernier le Saint Père est arrivé à Quito,
http://www.elmundo.es/america/2015/07/05/55998e1ee2704e146e8b4582.html
Rafael Correa espère bien en récolter les fruits, mais rappelons que sa politique actuelle est très éloignée de la position du Pape manifestée dans son encyclique de juin :
http://www.bbc.com/mundo/noticias/2015/06/150617_eeuu_papa_enciclica_cambio_climatico_laudato_si_conservadores_jg
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Des archives et documents sur la region centre-sud de l’amazonie équatorienne ont été volés chez des videastes

Le collectif lluviacomunicación, créé il y a 10 ans dans la région centre-sud de l’Amazonie équatorienne, a été Lire la suite »

Equateur et Pérou luttent contre une marée noire en Amazonie

La rupture d’un oléoduc est à l’origine d’une importante marée noire en Amazonie. A la suite de la rupture d’un oléoduc, la rivière Coca, affluente du fleuve Napo, qui alimente lui-même l’Amazone, a  été contaminée par l’équivalent de  près de 10.000 barils de pétrole brut, privant 32 communautés indigènes d’eau potable.
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Documents

Lettre de soutien aux populations équatoriennes en lutte contre les projets miniers du collectif Stop Mines 23 (Creuse)

Information Communiqué
Date de publication: 
Mercredi, 15 Juillet, 2015
Par: 
Collectif Stop Mines 23 (Creuse)

Ici, en Creuse, département du centre de la France, les promoteurs de l'industrie minière projettent d’extraire de l’or vers 2020 et ont déjà commencé leurs recherches. Nous n’avons pourtant besoin ni des emplois qu’ils brandissent comme des marionnettes, ni de leur or. Il ne s’agit que d’un processus d’exploitation capitaliste et de colonisation de la campagne, qui n’a pour point de départ aucun besoin réel identifié sinon les cours fluctuants des métaux, l'accumulation et l'enrichissement d'une poignée d'égoistes.

Dans la creuse, dans la Sarthe, en Bretagne et un peu partout en France, nous nous organisons pour arrêter cette industrie qui dévore tout sur son passage.

Nous sommes bien déterminés à faire plus de bruit par notre voix qu’eux par leurs machines, en nous opposant à ces projets miniers.

Il y a bien assez de métaux  à recycler dans la multitude des gadgets éléctroniques inutiles qui peuplent notre monde:  nul besoin de de creuser dans les entrailles de nos territoires ni de détruire nos lieux de vie pour aller y chercher des  métaux qui alimentent une consommation de masse d'objets inutiles dont nous n'avons que faire ! Ces industriels jouent leur survie et celle de leur monde. Un monde dépassé. Ils sont obligés de faire pression sur des territoires et des populations de plus en plus allergiques aux mines et à leur développement arrièré. Ils sont archaïques, nous sommes l'avenir ! Nous ne les laisserons pas faire.

Pour cela, nous soutenons tous les peuples en lutte contre l’extraction minière ou contre tous les grands projets extractivistes, au Nord comme du Sud. Nous affirmons par cette lettre notre solidarité avec les peuples de l'Equateur qui, comme nous, luttent contre la machine extractive et refusent de voir leurs territoires broyés, pillés et  réduits en cendres. En ces temps de crise et d'adversité, où le gouvernement de la pseudo « révolution citoyenne » a tout fait pour briser, réprimer, ou acheter les mouvements sociaux, nous vous encourageons à tenir bon et à ne pas lâcher prise.  Nous saluons à ce titre le peuple de Pacto qui, à travers la consultation populaire du 12 avril 2015, a eu le courage de dire "non aux mines à ciel ouvert" !