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Excellente nouvelle: Vermilion ne nous demande pas notre numéro de compte en banque!

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Date de publication: 
Jeudi, 12 Mai, 2011
Par: 
Collectif citoyen IDF, Briard, 92, Facebook, 94 - NON aux gaz et pétroles de schiste ! et Comité de Vigilance du Périgord

 

 

 

 

Des collectifs citoyens contre les gaz et les pétroles de schiste s’invitent dans les bureaux du pétrolier Vermilion, premier producteur d’hydrocarbures liquides en France, également engagé dans des projets d’exploitation de pétrole de schiste (« huile de roche mère »).

Le mercredi 11 mai, une délégation de 12 personnes, membres de 6 collectifs (Périgord, Brie, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Ile-de-France et Facebook) s’est rendue à l’antenne seine-et-marnaise de Vermilion, à Saint-Méry, pour remettre aux responsables de la société un courrier envoyé en recommandé le 4 mai et exiger des réponses aux questions posées dans ce courrier. La direction de Vermilion avait déclaré, le 21 avril dernier, lors d’une réunion publique à Vaudoy-en-Brie, avoir réalisé 17 fracturations hydrauliques en France, dont 15 sont vraisemblablement des « stimulations » des puits « conventionnels » et deux autres des tests de fracturation en vue de l’exploitation d’huile de roche mère. La technique de fracturation hydraulique étant questionnée – et bientôt interdite - en tant que telle (y compris pour la production dite conventionnelle), nous demandons à la société pétrolière de nous fournir, entre autres, les coordonnées géographiques exactes des sites concernés, la liste complète des produits chimiques qui ont été employés, ainsi que les informations sur les quantités d’eau utilisée et le traitement des eaux résiduelles.

 

Vous trouverez toutes nos questions dans l’annexe 1 (pièce jointe et lien). Par ailleurs, Vermilion déclare extraire dès à présent près de 10m3 d’huile de roche-mère par jour, à partir de « deux de ses puits ayant fait l’objet de tests terminés de fracturation hydraulique ». Selon les documents internes de l’entreprise, ces puits sont situés en Seine-et-Marne, non pas sur des permis de recherche, mais sur une concession d’exploitation existante (dite de Champotran). Nos questions portent donc aussi sur ces puits.

11h30 : Nous sommes devant les locaux de Vermilion, où nous déployons des banderoles, dont celle qui a fait le tour de France, avant d’être portée jusqu’au sommet du Mont Blanc pour redescendre devant l’Assemblée nationale, avec ses 4200 signatures de citoyens qui disent non aux gaz et pétroles de schiste dans tout le pays.

Voir toutes les photos : https://picasaweb.google.com/102243349903460033513/1...

11h45 : Arrivée de 3 véhicules de Vermilion. Les 3 personnes à bord de ces véhicules descendent, appareil photo à la main, et, sans répondre à nos « bonjour » cordiaux, se mettent à nous photographier de façon frénétique, l’air de dire: « Vous êtes coincés, on vous a pris en photo ». Tout le monde est surpris par cette attitude et l’hostilité non dissimulée des employés. On leur aurait donné l’ordre de photographier toute personne qui pénètre sur le site.

Pourtant, aucune barrière n’en interdit l’accès et nos voitures sont garées sur le parking visiteurs !

Entre-temps, des membres de notre délégation sonnent à la porte, qui leur est d’abord ouverte, par erreur semble-t-il, par la personne se trouvant à l’intérieur. Un employé referme la porte depuis l’extérieur en criant dans l’interphone « N’ouvre à personne ! ». Résultat : on nous ferme la porte au nez et personne n’est « habilité à parler » avec nous. Seul message : « attendez le responsable ».

12h00. Arrivée non pas d’un responsable, mais de la gendarmerie. Nous exposons aux gendarmes la raison de notre présence sur le parking de l’entreprise et rencontrons de leur part une attitude très à l’écoute et professionnelle. Ce sont eux qui rentrent dans les locaux et en ressortent en nous informant qu’un interlocuteur compétent viendra nous rencontrer sous peu.

12h15. Arrivée de M. Monget, dont la fonction est, selon ses propres mots, responsable des sites du bassin de Paris. Nos exigences : Réponses à toutes les questions que nous posons à Vermilion dans notre courrier (voir l’annexe 1 - pièce jointe).

Réponse de notre interlocuteur : il n’est pas habilité à nous répondre, mais la direction nous invite le 17 mai,dans les locaux de l’entreprise à St Méry (77), à une réunion d’information dont l’ordre du jour est : risques liés à la fracturation hydraulique et forage d’un nouveau puits conventionnel. M. Monget ne peut s’engager pour sa direction ( !), mais nous invite à poser nos questions aux personnes « compétentes ». Pour notre part, nous continuons à douter de pouvoir obtenir des réponses! D’ailleurs, nous avons tout de même insisté, en reposant nos questions plusieurs fois… Voici quelques extraits de nos échanges avec le responsable d’exploitation des sites du bassin de Paris:

Nous : Nous voulons que les personnes qui habitent à côté des sites soient informées. Elles sont en droit de savoir à quels risques elles ont déjà été exposées et à quels risques elles seront exposées dans l’avenir. Nous voulons des réponses publiques qui pourront être diffusées à toutes les personnes qui habitent à côté des sites. […]

M. Monget : « Êtes-vous sûrs que c’est légal de nous demander tout ça ? » […] « Ca se traite au sommet de l’Etat, vous venez voir un exploitant de pétrole, vous comprenez bien que je n’ai pas les réponses. Vous étiez à l’assemblée hier, posez leur toutes ces questions, ils vont vous répondre ».

Sans commentaire…

M. Monget : « Ca fait 23 ans que je travaille sur ce site, je suis content de voir qu’enfin on s’intéresse à nous »

Nous : « Pourquoi votre direction, qui était bien présente à l’Assemblée nationale hier soir, ne vient-elle pas nous répondre elle-même ? Pourquoi vous ne pouvez pas les contacter par téléphone afin qu’ils vous disent si oui ou non, ils répondront mardi à toutes ces questions ? Allez-vous nous donner la liste des produits chimiques qui ont été utilisés lors des fracturations hydrauliques ? Et les coordonnées de tous les puits concernés ? ». […]

M. Monget : « La fracturation hydraulique, vous le savez bien, c’est interdit ». […] « La fracturation hydraulique est une technique qui existe depuis au moins 20 ans ». […]  « Pour les coordonnées des puits, vous avez l’air d’être très affutés là-dessus, allez sur le site du BEPH et vous aurez la liste de tous les puits depuis 1950 ».

Commentaire : en pratique, les informations sur ces puits sont morcelées et éparpillées. Par ailleurs, nous constatons sur le terrain que de nombreux puits à l’arrêt ne comportent pas de numéro. Sans compter avec le caractère plutôt aride des bulletins du BEPH et le jargon technique employé avec lequel il faut se familiariser. Cela demande beaucoup de travail et un temps dont ne dispose pas forcément un habitant inquiet de ce qui se passe à côté de chez lui - encore faut-il déjà savoir quoi et où chercher ! Enfin, les bulletins du BEPH ne mentionnent pas clairement les sites où fracturation hydraulique a été réalisée.

[…]

Nous : « Donc, vous n’employez pas de produits dangereux ? »

M. Monget : « Non, puisqu’on ne fait pas de fracturation hydraulique ». Commentaire : la direction de Vermilion a déclaré avoir réalisé 17 (15+ 2) fracturations hydrauliques en France. 

M. Monget « Bon, il y en a eu, mais je ne suis pas impliqué dedans ». « Les produits chimiques qui sont envoyés, c’est des anticorrosion, un des anti-émulseurs, des anti-oxygènes,…mais je ne les ai jamais pratiqués, je ne les connais pas ». […]

Commentaire : nous discutons avec le responsable des sites du bassin parisien. « Le pétrole est exploité depuis 50 ans, […] qu’est-ce qui a été trouvé dans l’eau ? » Commentaire : Pour faire un test de la qualité de l’eau il faut connaître le produit qu’on recherche. Pour faire des réactions aux substances chimiques utilisées par Vermilion, il faut donc d’abord les connaître et c’est pour cela que nous sommes là. Et si ces produits ne sont pas dangereux, pourquoi refuser de nous en communiquer la liste?

M. Monget : « Il n’y a rien de caché ».

Commentaire : S’il n’y avait rien de caché, on pourrait trouver ces réponses facilement et toutes les personnes des environs seraient informées. De la désinformation par omission ?

M. Monget : «Si je vous demande votre compte en banque, vous allez me le donner ?».

Inutile de commenter : cette question-réponse a le mérite d’être honnête !

Bientôt : une vidéo où vous pourrez entendre et voir les moments les plus forts de cet échange.

Nous remercions Mr. Mongot pour cet entretien et nous le prions de bien vouloir nous excuser de l’avoir mis dans une situation délicate vis-à-vis de sa hiérarchie. Nous tenons toutefois à préciser que Mr Mongot a noté le nom de Sylviane Quaillet (Comité d’Alerte du Périgord), l’air plutôt menaçant (pourquoi ?), et que les plaques d’immatriculation de nos véhicules ont été photographiées.

La suite au prochain épisode : rendez-vous le 17 mai à 19h00 dans les bureaux de Vermilion à Saint Méry (CD 215, 77720 Saint Méry) pour exiger les réponses précises et exhaustives aux questions que nous posons, et rien de moins !

 

Collectif Briard, Collectif Val-de-Marne, Collectif Hauts-de-Seine, Collectif Ile-de-France, Comité d’Alerte du

Périgord, Collectif Facebook

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