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Grands Projets Inutiles Imposés

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SIVENS-TESTET : menaces, milices et silences

Par Marc Laimé, 2 février 2015

Quatre jours après l’annonce par Mme Ségolène Royal que les occupants de la ZAD de Sivens seraient évacués quand le Conseil général du Tarn choisira, en principe le 6 mars prochain, d’édifier un nouveau barrage, à peine plus petit, quasiment au même endroit, la situation n’a pas tardé à dégénérer, témoignant que c’est bel et bien la stratégie du pourrissement qui l’emporte, avec tous les risques qu’elle comporte.

Un très mauvais scénario. A peine rendue publique la position de la ministre de l’Ecologie (ce qu’il en reste), un huissier mandaté par le Conseil général du Tarn venait constater l’occupation de différentes parcelles sur la ZAD.

Le jeudi 29 janvier la maire de l’Isle-sur-le-Tarn rend publique la lettre qu’elle adresse ce même jour au Premier ministre, appel au “rétablissement de l’ordre” qui rappellera aux plus de vingt ans l’ère Marcellin…

Eloge de la ZAD

Date de publication: 
Lundi, 24 Novembre, 2014
Par: 
Des zadophiles non fanatiques de Nantes, Grenoble, de Carcassonne, et d’ailleurs

Maintenant que s’éteignent les diverses versions qui voulaient couvrir les raisons du meurtre de Rémi F. par l’État — de l’élaboration du mentir-vrai qui tient lieu de discours officiel à la dissolution des responsabilités par gradation hiérarchique, j’ai obéi, j’ai donné l’ordre d’obéir, on ne doit pas mettre en cause la volonté d’obéir — on ne peut pas s’arrêter à demander, même fermement, des démissions, une police mieux faite, etc.

Ce qui a été visé dans la nuit de Sivens, c’est le scandale que représente l’existence même des ZAD et leur possible dissémination. Les ZAD et leurs partisans ne veulent pas uniquement empêcher un aménagement mais y substituer autre chose et c’est l’audace de ce programme, aussi rudimentaire soit-il, qui commence à perturber les partisans du nihilisme de la croissance.

Une ZAD est un territoire où des êtres décident de se passer des institutions pour construire leurs vies. Elle se constitue comme « zone à défendre », mais ses perspectives et sa raison d’être sont en réalité offensives car elle est aussi le lieu pour une opposition résolue au grand saccage de l’aménagement, où peut s’expérimenter des relations humaines hors du cash, de la hiérarchie, de l’utilitarisme économique (écologique), en bref de l’unique pensée des obsessionnels du développement ; le lieu où tente de s’élaborer une utopie à portée de lutte.

« Pour donner corps aux communaux, une assemblée saisonnière ne suffira donc pas, il s’agit de faire communauté. Si nous voulons parvenir à faire coexister les différents usages du territoire, les différents rapports au monde qui se déploient dans ce bocage, il nous faut créer des coutumes, des rites, des solidarités et des habitudes communes. Multiplier les moments de travail en commun, densifier les échanges et les solidarités, les dons et contre-dons qui font l’épaisseur de nos liens. Il faut pour cela construire d’autres espaces, expérimenter d’autres outils, d’autres pratiques, d’autres formes que les assemblées, même si ces dernières sont indispensables par ailleurs. Il nous faut approfondir les rencontres, les passerelles entre les mondes, et les amitiés improbables nées de cette lutte. »
(De la ZAD aux communaux ? Quelques pistes à explorer pour aller plus loin…, texte circulant à Notre-Dame-des-Landes).

Sans conteste, ce genre d’idéal pratiqué et érigé en plate-forme commune pourrait cristalliser et fédérer bien des refus, des dégoûts que suscite cette société.

Pour en revenir au barrage de Sivens, la mise en commun des 184 retenues d’eau privées, totalisant trois fois la capacité du barrage, accélèrerait le démantèlement nécessaire du totalitarisme industriel.

La possibilité d’une multiplication des ZAD est un véritable cauchemar pour la domination et c’est pour cela qu’elle commence à mobiliser ses troupes citoyennes. A Albi, la FNSEA organise une manifestation probarrage et dénonce les zadistes comme « djihadistes verts » ; à Nantes le lobby du BTP et son émanation associative défilent pour un démarrage immédiat du chantier accusant l’ACIPA et les Verts « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé » (sous-entendu les zadistes) ; à Grenoble les milieux économiques coalisés sous l’égide de la Chambre de commerce et d’industrie font passer en force le tourisme sous bulle de verre dans la forêt des Chambarans ; à Carcassonne les productivistes agricoles laissent derrière eux une banderole sur laquelle est écrit « Mort aux loups et aux écolos (les écolos en premier) ».

Nul doute qu’avec le temps ils progresseront, appuyés par tous les représentants de la machine à gouverner, vers une définition plus exacte de ceux qui réellement dérangent. Nous aussi.

SIgné : Des zadophiles non fanatiques de Nantes, Grenoble, de Carcassonne, et d’ailleurs

Source : http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/2014/1...

La carte de France des projets contestés

Source :http://www.reporterre.net/spip.php?article6215

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Brèves

Roybon : la région refuse de soutenir le projet de Center Parcs

En Rhône-Alpes, 87 conseillers régionaux sur 156 ont rejeté, ce vendredi, le texte présenté par le groupe Union de la droite et du centre, décrié par les «zadistes».
La région Rhône-Alpes a rejeté vendredi un vœu de soutien au Center Parcs controversé en Isère, présenté par la droite, tandis que son président Jean-Jack Queyranne (PS) appelait à «revoir» le projet avant de lui accorder une subvention votée par la collectivité en 2009.

NDDL : le tribunal ordonne l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue

La ferme de Bellevue, occupée depuis fin janvier par les paysans et opposants à l’aéroport, a été jugée expulsable immédiatement par le tribunal d’instance de Saint-Nazaire. Cette ferme dont le sort devait être tranché le 20 février  se trouve à l’ouest de la ZAD et est en parfait état de conservation.

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