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Les Faucheurs volontaires en France : le droit de désobéir au nom du principe de précaution

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Les Faucheurs volontaires s'opposent à l'utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture et au brevetage du vivant. Ils défendent le droit à un environnement sain et dénoncent les cultures de plantes transgéniques en plein champ au nom du principe de précaution. Ils ne contestent pas l'utilisation des OGM à des fins de recherche, mais refusent que les expérimentations soient conduites en plein champ, à l'air libre, ce qui peut aboutir à la contamination des parcelles voisines. Ils exigent la transparence de l'information, et notamment que les études réalisées sur les cultures transgéniques soient rendues publiques. Le mouvement est passé d'une mobilisation de quelques individus en 2003 à 7500 personnes aujourd'hui, militants de la société civile et élus.

Leur mode d'action a été la désobéissance « civique », à visage découvert : mobilisations citoyennes non violentes consistant à détruire des parcelles d'essai de cultures transgéniques cultivées en plein champ ainsi et des cultures transgéniques commerciales. Ils ont également interpellé les élus, dont certains se sont joint à leur mouvement. Francine Bavay a notamment pu témoigner de son action et raconter comment elle a souhaité faire partie du mouvement, s'est mobilisée en participant à des fauchages et a donné sa carte de visite d'élue (vice-présidente de la région Ile de France) aux gendarmes. La désobéissance civile (ou « civique », comme l'appellent les Faucheurs) est un processus qui implique de prendre des décisions illégales à un moment donné, et il est important d'impliquer les institutions dans ce processus.

Pour leurs actions, les Faucheurs ont été poursuivis et condamnés, et les amendes que les différents membres du mouvement doivent aujourd'hui à l'Etat ont atteint près de 1.5 millions d'euros. Depuis 2008, « le délit de fauchage » est passible de deux ans de prison et de 75000 euros d'amende. Mais des avancées se font aussi sentir, puisque le gouvernement a décidé d'activer début 2008 la clause de sauvegarde [1], et d'engager la procédure de suspension de la culture commerciale du maïs transgénique Mon810.

Plus d'informations :www.monde-solidaire.org

Résumé de l'intervention de Francine Bavay et Guillaume de Crop, Les Faucheurs volontaires, France

Extrait du compte rendu de l'atelier « Mouvements socio-environnementaux en Amérique latine et en Europe : convergence des luttes et échange d'expériences », organisé par France Amérique latine au Forum Social Mondial de Belém, le 29 janvier 2009

Voir l'intégralité du compte-rendu de l'atelier

Notes :

[1] La clause de sauvegarde, prévue dans une loi européenne de 1990 remplacée par un nouveau texte en 2001, permet d'interdire provisoirement la culture ou la vente d'un organisme génétiquement modifié, en invoquant un risque pour la santé et l'environnement

 

 

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