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Livres et revues

Creuser jusqu'où? Extractivisme et limites à la croissance

Auteur: 
Collectif
Date de publication: 
Jeudi, 1 Octobre, 2015

Sous la direction de Yves-Marie Abraham et David Murray

Avec des textes de collectif ALDEAH, Charles Beaudoin-Jobin, Philippe Bihouix, Laura Handal Carvantes, Denis Delestrac, Jonathan Durand-Folco, Ariane Gobeil, Alain Gras, Martin Hébert, Normand Mousseau, Manuela Lavinas Picq, Éric Pineault, Bertrand Schepper-Valiquette, Nicolas Sersiron

Partout, l'heure est à l’intensification de l’exploitation industrielle des « ressources naturelles ». Forêts, eau douce, minerais, sable, rivières, faune sauvage, gaz de schiste, pétrole, terres fertiles, paysages grandioses : tout y passe ! La justification de ces efforts est partout la même : cette exploitation est un facteur de croissance essentiel dont il serait fou de ne pas profiter alors que les emplois manquent et que les États sont endettés. C’est le choix de l’extractivisme. Si ce phénomène suscite des débats, ceux-ci ne portent généralement que sur les conditions de l’exploitation de ces richesses : qui va vraiment profiter de ces ressources ? Comment ne pas faire trop de dégâts en les mettant à profit ? Est-ce le bon moment de les exploiter ? 

Et si, au lieu de se préoccuper de la bonne façon de partager ce « gâteau » (sans trop salir la nappe), on s’interrogeait plutôt sur  la pertinence même de le consommer ? Avons-nous vraiment besoin d’harnacher de nouvelles rivières, d’exploiter toujours plus de gisements de pétrole et de minerais, d’ouvrir de nouveaux territoires aux touristes, d’intensifier les cultures et l’élevage animal ? Ne s’agit-il pas d’une fuite en avant, sur un chemin qui ne mène nulle part, sinon à la destruction pure et simple de notre habitat terrestre et de nos sociétés ? Ne pourrions-nous pas vivre aussi bien, voire mieux, sans pratiquer ce type d’exploitation ? Si oui, à quelles conditions ?

Les auteur.e.s s’attaquent à ces questions difficiles en dénonçant la logique de l’extractivisme avant d’en souligner les principales limites physiques. Les effets destructeurs et irréversibles du processus économique sur les ressources naturelles dites « non renouvelables » (énergies fossiles, minerais, etc.) étant déjà à l’œuvre, les auteur.e.s s’attellent à décrire les alternatives possibles à ce « modèle de développement » : low-tech, transition énergétique, résistance autochtone et philosophie du buen vivir… Ils nous invitent à changer de paradigme pour penser les pistes d’actions nécessaires dans un futur post-extractiviste. Car à force de creuser, nous arrivons bel et bien aux limites de notre unique planète.

ECOSOCIÉTÉ

Parution : 

CANADA - octobre 2015
EUROPE- novembre 2015

32$ / 20€ - 384 pages

DYSTOPIA. Main basse sur l’agriculture

Auteur: 
Alexa Brunet et Patrick Herman
Date de publication: 
Jeudi, 19 Février, 2015

Une dystopie –ou contre-utopie– est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur et contre l’avènement de laquelle l’auteur entend mettre en garde le lecteur.

DYSTOPIA

Alexa Brunet & Patrick Herman
préface de Gilles Clément
31 photographies en couleurs

Main basse sur l’agriculture

« Le chambardement de la France paysanne est, à mes yeux, le spectacle qui l’emporte sur tous les autres, dans la France d’hier et, plus encore, d’aujourd’hui.» Ces mots de Fernand Braudel, publiés en 1986 dans L’Identité de la France, ne résonnent-ils pas encore de nos jours? Et l’histoire de ce bouleversement appartient-elle vraiment au passé ?
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une lame de fond balaye les campagnes françaises: il faut nourrir une population épuisée et faire entrer le progrès dans un monde paysan jugé archaïque, voire arriéré. Progrès technique et progrès social semblent alors marcher de pair dans l’effervescence d’une «modernisation» menée au pas de charge. L’utopie se décline sous forme d’impératifs qui ne souffrent aucune discussion: de grandes unités produisent plus, à surface égale, que de petites et moyennes fermes  ; la production ne peut augmenter qu’avec l’élimination de nombreux paysans  ; les exportations permettent de nourrir la planète…
Un demi-siècle plus tard, le constat est amer: depuis les années 1970, 60% des agriculteurs ont disparu et, parmi les survivants, le suicide a un taux de prévalence de 20% supérieur à la moyenne nationale ; l’érosion des sols s’aggrave sans cesse avec la perte de la matière organique, indispensable à la vie ; des centaines de races animales se sont éteintes ; les pesticides se retrouvent dans nos assiettes et les algues vertes sur les côtes, le modèle agroalimentaire breton est en faillite tandis que la faim gagne dans le monde.
Rémi Fraisse a été tué par les forces de l’ordre le 25 octobre 2014 dans le Tarn parce qu’il s’opposait à un projet de barrage destiné à l’irrigation de monocultures de maïs. À Amiens, les opposants à l’usine des mille vaches ont été condamnés en première instance. Les tenants d’une agriculture intensive, industrielle et d’exportation défendent avec acharnement ce système à bout de souffle. Derrière la «modernisation» se dissimulait une industrialisation encouragée par l’État: l’utopie des années 1960 est devenue dystopie. Ce retournement, Dystopia le raconte par les mots et par les images: 2030 c’est déjà demain.

En librairie 19 février 2015

28 x 22 cm / 80 pages / cartonné / 28 euros

Contact presse et librairie : contact@becair.com - T. +33 (0)4 91 50 29 88
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