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Permis minier de Tennie sur ARTE : un éclairage partiel, parcellaire et partial.

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Information Communiqué
Date de publication: 
Mercredi, 28 Août, 2013
Par: 
Aldeah

Dans son journal de la mi-journée du mercredi 21 aout, ARTE a diffusé un sujet consacré au Permis Exclusif de Recherche Minière (PERM) dit de "Tennie" délivré par Arnaud Montebourg le 17 juin dernier. Ce permis, situé dans la Sarthe et la Mayenne, qui concerne 17 communes et qui s'étend sur 205 km², est  le premier permis de recherche de mines octroyé en France métropolitaine depuis près de 30 ans.

Le collectif ALDEAH (Alternatives au Développement Extractiviste et Anthropocentré) tient à faire part de son profond étonnement vis-à-vis de la présentation et de l'angle choisis pour évoquer le permis de Tennie.

En effet, ce reportage de plusieurs minutes présente ce dossier sous un jour extrêmement  favorable et, surtout, il est à sens unique. Les seules personnes interviewées sont les responsables de la société Variscan, titulaire du permis d'exploration, et du BRGM, deux entités – sans surprise aucune - favorables à l'activité minière. A contrario, pas une seule fois la parole n'est donnée aux riverains et associations qui depuis plusieurs mois tentent d'alerter sur les conséquences de l’exploitation minière passée et manifestent leur vive préoccupation quant à la reprise de toute activité minière sur ce territoire (exploration, puis exploitation de gisements de cuivre et d’autres métaux).

ALDEAH demande donc à la rédaction d’ARTE un droit de réponse afin d’offrir une vision plus objective de ce dossier, en donnant la parole à l’ensemble des parties prenantes.

Le 21 juillet dernier, dans le cadre de la journée mondiale contre les projets miniers polluants, une mobilisation a eu lieu dans le village de Tennie pour dénoncer ce projet qui, contrairement à ce que prétendent les services d'Arnaud Montebourg et Variscan Mines, ne garantit aucune retombée économique positive (ni en termes d’emplois, ni en termes de revenus pour les collectivités locales ou pour l’État) et, surtout, présente de graves risques en matière environnementale et sociale.

Pour nos associations et collectifs, ce permis sonne comme une véritable provocation.

D’abord, parce que les compagnies minières font la plupart du temps appel à une main d’œuvre qualifiée et expérimentée dans le domaine, ce qui rend souvent les embauches locales dérisoires. En parallèle, l’activité minière risque de détruire les emplois préexistants (et de rendre impossibles les éventuels futurs emplois) dans les secteurs qui se voient directement affectés par les impacts environnementaux : tourisme, agriculture, et, pour la Sarthe, les élevages de poulets fermiers de Loué !

Ensuite, parce qu’au cœur du futur périmètre d’exploration, sur le territoire de la commune de Rouez, entre 1989 et 1997, Elf puis Total ont déjà exploité une mine. Deux tonnes d’or et sept tonnes d’argent en ont été extraites, mais le bilan environnemental, lui, est sans appel : vingt ans après, il subsiste sur le site entre 250.000 et 300.000 m3 de terres stériles et qui génèrent jusqu'à aujourd'hui des pollutions substantielles des sols et des ressources en eaux voisines. La crainte que l’histoire ne se répète est évidement présente et ce ne sont pas les déclarations martelées par Variscan Mines dans ce reportage qui rassurent les associations et la population. Faire croire qu’une mine est « propre » est une fable qui ne convainc personne malgré les affirmations du dirigeant de Variscan Mine et les parallèles un peu rapides de la rédaction qui laissent entendre que « Le projet de Variscan Mines s'inspire d'une raffinerie autrichienne de Tungstène ultra-moderne très peu polluante pour l'environnement ».

ALDEAH regrette par ailleurs qu’aucune réflexion ne soit menée dans ce reportage sur les enjeux environnementaux, sociaux, économiques, politiques et énergétiques que représente une reprise de la politique extractiviste en France. La relance de l’industrie minière donne pourtant la priorité à la course effrénée à la consommation et au profit, au mépris des conséquences environnementales, sociales, économiques et sanitaires.

Pour un éclairage moins parcellaire de ce « dossier », nous vous invitons à consulter les documents suivants : 

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Commentaires

Ci-dessous, la réponse que

Ci-dessous, la réponse que nous avons reçu de la part d'ARTE. 

Mesdames, Messieurs,  

 

Nous accusons réception de votre mail et vous en remercions. Nous comprenons vos craintes et les partageons : dans notre reportage, nous avons en effet souligné de façon

explicite les dangers que l'industrie minière fait peser sur l'environnement, ainsi que les efforts du gouvernement pour améliorer le code minier.

Le débat sur ce thème ne fait que commencer : nous le suivrons avec attention et lui consacrerons d'autres reportages le cas échant.

Cordialement,

Sinje Matzner 

REDAKTIONSLEITERIN ARTE JOURNAL

REDACTRICE EN CHEF ARTE JOURNAL

 

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